Une infirmière de réanimation virée de son logement par ses propriétaires : “Ils nous ont coupé l’eau chaude et le chauffage pour nous forcer à partir. C’était intenable. On a été obligé de s’en aller” -

Une infirmière de réanimation virée de son logement par ses propriétaires : “Ils nous ont coupé l’eau chaude et le chauffage pour nous forcer à partir. C’était intenable. On a été obligé de s’en aller”

“Ils nous ont coupé l’eau chaude et le chauffage pour nous forcer à partir. C’était intenable. On a été obligé de s’en aller”.

Mardi 30 mars, Mélina, 37 ans, infirmière anésthésiste au bloc opératoire et au service de réanimation de l’hôpital Lapeyronie à Montpellier a du quitter le logement qu’elle occupait avec son compagnon depuis le mois de juillet. 

“Nous occupions le rez de chaussée d’une maison située à Montarnaud. Les propriétaires habitent au-dessus” raconte Mélina.

Deux logements de 100 m2 chacun, un grand jardin… de la place et la possibilité de ne pas se croiser. Mais il y a quelques jours, les propriétaires les ont sommé de quitter les lieux sans délai. 

Maladie pulmonaire

La raison : leur crainte d’être contaminés par le Covid-19. 

Car dès les premiers jours du confinement, Mélina, qui, tous les jours, prend en charge les soins des personnes infectées par le virus, a pris la décision de ne plus entrer en contact avec les membres de sa famille pour les protéger. “Ma mère vivait dans une résidence pour personnes âgées à Montpellier. Elle est atteinte d’une maladie pulmonaire. La directrice de l’établissement m’a vivement recommandé de la répurérer”. Par ailleurs, Mélina à une fille de 20 ans et une petite fille de 3 ans qui vivent habituellement dans un petit appartement près de la clinique Clémentville à Montpellier.

“J’ai décidé de confiner ma mère, ma fille, ma petite fille et mon compagnon dans la maison de Montarnaud. Comme ça, ma mère était à l’abri, ma fille et mon compagnon pouvaient s’occuper d’elle”.

Elle, décide de s’installer dans le petit appartement de sa fille. “J’étais loin de mes proches mais près de l’hôpital. J’ai des horaires impossibles et depuis plusieurs jours, je travaille de nuit”.

“Etrangers”



Sans que rien ne l’y oblige, Mélina prend soin de prévenir ses propriétaires. Par politesse. Mais deux jours après, ces derniers commencent à se plaindre, à appeler Mélina en lui disant : “pour nous, ce sont des étrangers, on n’en veut pas chez nous”. Dans un premier temps, l’infirmière tient bon et tente d’organiser les choses au mieux. “Ma mère ne sortait pas. Ma fille et mon compagnon faisaient les courses. Moi, je pouvais m’occuper des patients l’esprit serein”

Mon témoignage sur mon hospitalisation à retrouver ici : https://www.nosignalfound.fr/merci-au-personnel-soignant-de-mavoir-gueri-du-coronavirus-photos/



Mais l’ambiance se dégrade et les propriétaires vont plus loin. Prétextant qu’il a tenté de mordre, ils laissent s’échapper le chiot de 5 mois qui appartient à la fille de Mélina. “Nous savons par le voisin que le chien n’a pas essayer de mordre et que le portail a été ouvert volontairement” explique Mélina.

Plus d’eau chaude, plus de chauffage

Ils ne s’arrêtent pas là : ils coupent l’eau chaude puis le chauffage, l’antenne de la télévision et font du bruit le matin pour réveiller tout le monde, sans compter les insultes. “C’était devenu invivable. Ma mère et ma fille pleuraient tous les jours. J’ai décidé de mettre un terme à cette situation” poursuit l’infirmière, visiblement accablée par la fatigue. Lundi, de guerre las, elle accepte de quitter les lieux. Mais son cauchemar ne s’arrête pas là. Mélina doit faire appel à la gendarmerie pour que les propriétaires acceptent de faire l’état des lieux de sortie. “Et alors que nous faisions le tour de l’appartement, ils m’ont dit qu’ils feraient désinfecter la maison et que le montant de la facture serait retenu sur notre caution”.

“Vous pouvez mourir, mais pas chez nous”



Depuis hier, Mélina a du remettre sa mère dans sa maison de retraite : “elle n’a pas le droit de quitter sa chambre”. Sa fille et sa petite fille sont retournées dans leur appartement à Montpellier. Son compagnon, viticulteur, a du retourner vivre chez ses parents. Mélina quant à elle, bénéficie d’un logement gratuit qu’elle a trouvé sur Airbnb. 

Contactée par téléphone, la propriétaire estime « ces gens n’avaient pas à venir chez nous. Le bail était pour deux personnes mais là c’était une invasion ! Et il y avait cette grand-mère qui était dans un établissement pour personnes âgées. On sait bien que ce sont des endroits à risque ces établissements ! Nous ne voulions pas de ça chez nous ». 



Dès hier, ils ont remis une annonce sur Le Bon coin pour relouer leur appartement. Et de toutes les horreurs que ses propriétaires ont dites à Mélina en quelques jours, une phrase lui revient en tête en permanence : “ils m’ont dit : on s’en fout que vous attrapiez le virus et que vous mourriez avec. Du moment que vous mourrez pas chez nous. Le pire, c’est qu’au début du confinement, on leur faisait leur course pour qu’ils ne sortent pas de chez eux”

Source : LAGAZETTEDEMONTPELLIER

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