"Tu es une put..., tu montres tout" : le témoignage glaçant d'une victime de violences conjugales -

« Tu es une put…, tu montres tout » : le témoignage glaçant d’une victime de violences conjugales

Alors que ce lundi 25 novembre 2019 le gouvernement rend ses arbitrages suite au Grenelle sur les violences conjugales, Nathalie, une Dijonnaise explique le calvaire qu’elle a subi durant cinq ans. « Il me portait des coups sur les jambes, sur les seins, sur le ventre là où cela ne se voit pas ».

Alors que 137 femmes ont succombé sous les coups d’un homme depuis le début de l’année et que de nombreuses manifestations ont eu lieu partout en France ce week-end. C’est ce lundi 25 novembre 2019 que le gouvernement doit rendre les conclusions du Grenelle contre les violences conjugales et -après deux mois de travaux- annoncer des mesures pour lutter contre les féminicides. A Dijon, France Bleu Bourgogne a rencontré Nathalie -c’est le nom d’emprunt de cette dame d’une cinquantaine d’années- qui a subit durant 5 ans un mari très violent. 

« Une putain qui montre tout »

Quand elle parle de son calvaire elle a les mains qui tremblent, des larmes qui coulent toutes seules. Cela fait neuf ans que cette histoire est terminée mais le traumatisme est toujours là. Nathalie se souvient comment la violence a commencé. « Au départ je portais des jupes trop courtes à son goût. Ensuite je portais des jupes au niveau du genou et puis après aux chevilles. Il me traitait de putain qui montre tout. Les gens de mon immeuble n’osaient plus me regarder. Ils entendaient les crises de jalousie mais personne n’a appelé la police, jamais ».

Démolie au plan psychique

De 2005 à 2010 son ex-mari qui était de plus, au-delà de la maniaquerie, l’a littéralement démolie au plan psychique. « Il m’a conditionnée » analyse Nathalie avec le recul. « Vous vous dites par exemple qu’il ne faut pas qu’un stylo reste sur la table quand les enfants ont fait les devoirs… On devient fou parce qu’on se dit qu’il va rentrer et qu’on a pas passé l’aspirateur. Parfois je me dit qu’il faut être bête pour supporter des choses comme ça ».

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Un an avec sursis, 95 euros d’amende comme pour un délit routier

Et puis bien sûr il y a les coups. « Au départ ils me les portaient sur les jambes, sur le ventre, sur les seins, les endroits où cela ne se voit pas. Il m’a rarement frappée au visage. » Nathalie a réussi à sauver sa peau, l’homme a été condamné. « Il a pris un an de prison avec sursis et 95 euros pour violences ordinaires », c’est l’amende qu’on prend « pour avoir brûlé un feu rouge » dit Nathalie dépitée. 

« Je suis comme une victime d’attentat » témoigne cette rescapée

Neuf ans après elle s’est remariée et tente de se reconstruire. Mais vit toujours dans la crainte de voir réapparaître son bourreau. C’est arrivé souvent, il s’est même battu avec son nouveau compagnon. Aujourd’hui Nathalie voit toujours un psychiatre. « Ce psychiatre m’a dit : vous avez un syndrome post-traumatique, vous êtes comme une victime d’attentats ».

Si vous êtes victime ou témoin de ce genre de violences n’hésitez pas une seconde a appeler le 3919, c’est le numéro national d’urgence. Un numéro qui peut sauver des vies. 

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Source : FRANCEBLEU

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