TikTok poursuivi en justice après la mort de deux fillettes qui avaient relevé le dangereux “blackout challenge”

Deux familles américaines poursuivent en justice TikTok après la mort l’année dernière de Lalani Erika Renee Walton, 8 ans, du Texas, et Arriani Jaileen Arroyo, 9 ans, du Wisconsin. Les deux fillettes avaient relevé sur le réseau social le très dangereux “blackout challenge”, qui consiste à s’étrangler jusqu’à en perdre connaissance. D’autres jeunes utilisateurs de TikTok sont déjà malheureusement décédés dans le passé en effectuant ce que l’on appelle également le “jeu du foulard”, dont une jeune Américaine de 10 ans, en décembre dernier. 

Les parents des deux petites filles sont représentés par le Social Media Victims Law Center (SMVLC), une organisation basée à Seattle qui fournit une aide légale aux parents dont les enfants ont été les victimes de dérives sur les réseaux sociaux. “TikTok doit être tenu responsable d’avoir proposé des contenus mortels à ces deux jeunes filles”, indique à The Guardian Matthew P. Bergman, avocat et fondateur du SMVLC.  Selon lui, TikTok a investi des “milliards de dollars” dans son algorithme afin de sciemment “fournir des contenus dangereux, qu’il sait dangereux et qui peuvent conduire à la mort de leurs utilisateurs”. Le réseau social ne penserait ainsi qu’à augmenter ses profits grâce aux revenus que ces vidéos très populaires génèrent. Une plainte a été déposée le 1er juillet dernier à Los Angeles, où se trouve le siège américain de l’entreprise.

Les deux fillettes étaient devenues accro à TikTok

Décrite comme “une jeune fille extrêmement douce et extravertie” qui “aimait se déguiser en princesse et se maquiller”, Lalani Erika Renee Walton a été retrouvée morte dans sa chambre en juillet 2021, un drap autour du cou. Quelques mois plus tôt, elle avait reçu un téléphone pour son huitième anniversaire et était “rapidement devenue accro à regarder des vidéos TikTok”, peut-on lire dans la plainte. La petite fille postait souvent des images d’elle en train de chanter et danser dans l’espoir de devenir un jour célèbre sur le réseau social.

Peu avant son décès, les parents de la petite fille avaient remarqué des bleus sur son cou. La fillette avait alors prétexté un “accident”. Le jour de sa mort, lors d’un voyage en famille, Lalani avait passé des heures à regarder des vidéos, dont des “blackout challenges”. “Elle pensait que si elle publiait une vidéo d’elle-même en train de relever le blackout challenge, elle deviendrait célèbre et elle a donc décidé de tenter l’expérience. Lalani (…) n’a pas compris la nature dangereuse de ce que TikTok l’encourageait à faire”, peut-on également lire dans la plainte.

L’autre victime citée dans la plainte est Arriani Jaileen Arroyo, 9 ans, de Milwaukee, dans le Wisconsin. Elle avait reçu un téléphone à l’âge de 7 ans et utilisait TikTok plusieurs fois par jour, toujours selon la plainte. Elle aussi serait “progressivement” devenue “accro” à l’application. En janvier 2021, ses proches, inquiets, avaient évoqué avec elle le décès d’un jeune garçon à la suite d’un défi sur TikTok. La fillette avait alors répondu qu’elle ne participerait jamais à ces jeux dangereux. Le mois suivant, son frère de 5 ans l’a cependant découverte inanimée avec une laisse de chien autour du cou. Elle est décédée à l’hôpital.

Pas de réaction du réseau social

TikTok n’a pas encore réagi à cette plainte. Critiquée dans le passé pour avoir laissé se propager ce genre de pratiques, l’entreprise avait néanmoins fait valoir que “cet inquiétant défi existait bien avant TikTok. Nous restons vigilants dans notre engagement à assurer la sécurité de nos utilisateurs et nous supprimons directement tout contenu du genre qui pourrait être trouvé”, avait poursuivi le réseau social, précisant avoir supprimé le hashtag #blackoutchallenge.

Divers défis apparaissent régulièrement sur les réseaux sociaux, dont certains assez dangereux. L’an dernier, le “milk crate challenge”, par exemple, encourageait les utilisateurs à empiler et à escalader des caisses de lait, ce qui a entraîné des luxations d’épaules, des déchirures de ligaments, voire des lésions de la moelle épinière. En 2020, une jeune fille de 15 ans est décédée après avoir participé au “Benadryl challenge”, dans lequel les utilisateurs prennent une grande quantité d’anti-histaminiques pour tenter de produire des effets hallucinogènes. En 2020, deux mineurs ont été accusés d’agression après avoir participé à un “skull breaker challenge” (littéralement “le défi du briseur de crâne”) et provoqué une crise d’épilepsie chez une victime.

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