Soyez prêts, une nouvelle pandémie arrive selon un rapport de l’OMS -

Soyez prêts, une nouvelle pandémie arrive selon un rapport de l’OMS

l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre la prochaine pandémie. Elle avertit dans un rapport sur lequel des experts travaillent depuis un an : « Il y aura de toute façon une nouvelle pandémie. Il nous appartient de déterminer si elle sera aussi dévastatrice que le coronavirus. Vidéo

Soyez prêts, une nouvelle pandémie arrive selon un rapport de l’OMS auquel Maggie De Block a participé

Isopix

Il y a environ un an, la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de mettre en place un panel d’experts en santé, de politiciens et de scientifiques. Leur objectif est de tirer des leçons pour la prochaine pandémie dans un rapport que nos confrères de Het Laatste Nieuws ont pu consulter. « Nous ne pouvons pas permettre qu’une nouvelle pandémie mette à nouveau le monde à genoux », a déclaré Hans Kluge, directeur européen de l’OMS.

Le rapport dénonce le manque de préparation des gouvernements : « Il y avait un manque flagrant de planification. Et même les pays qui avaient un plan ne l’avaient pas suffisamment mis à jour ou préparé. La capacité technique des gouvernements était également souvent faible. Les systèmes de surveillance et de réaction ne parviennent pas à détecter les signaux d’alerte à temps et sont incapables de concevoir ou de mettre en œuvre des réponses appropriées. Et puis il y avait le leadership politique. Il était souvent faible, complètement absent ou aggravait même les choses. »

Maggie De Block a participé au rapport

Parmi les experts, une Belge a participé à l’élaboration de ce rapport. Il s’agit de notre ancienne ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld). « Tout le monde dans notre région a mal évalué le virus et l’ampleur de la pandémie » dit-elle. « Personne n’était correctement préparé à une crise aussi prolongée. Nous devions tout inventer au fur et à mesure. Développer les capacités de test, collecter les données, organiser les hôpitaux… Pourtant, nous n’avons pas fait pire que les autres. En termes de collecte de données et d’organisation des hôpitaux, nous étions parmi les meilleurs. Nous avons également réussi assez rapidement à enregistrer des chiffres corrects sur les admissions et les décès. »

Néanmoins, Maggie De Block reconnaît le manque de solidarité entre les pays d’Europe. « Ce qui m’a le plus frappé au début de la crise, c’est la rapidité avec laquelle la solidarité s’est évaporée au sein de l’Europe. » C’est aussi ce que pointe l’OMS dans son rapport. Malgré les avertissements répétés de la communauté scientifique sur une pandémie planétaire, le monde n’était pas préparé à l’apparition du coronavirus, fin 2019. « Les réponses politiques divergentes, souvent tâtonnantes, continuent d’avoir des conséquences catastrophiques, avec plus de 1,2 million de décès dans la seule région européenne (plus de 4 millions dans le monde) et une récession économique sans précédent », pointe vendredi l’Organisation mondiale de la Santé. C’est pourquoi celle-ci prône une politique sanitaire transnationale, qui reconnaisse l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale.

Baptisée « One Health » (« Une santé »), cette politique doit engager les gouvernements nationaux, les acteurs régionaux et mondiaux, ainsi que les responsables des systèmes de santé et d’aide sociale dans des réformes profondes, des programmes d’investissements et des améliorations en termes de gouvernance, en tirant les leçons de la pandémie, soutient le président de la Commission paneuropéenne sur la santé et le développement durable, liée à l’OMS, Mario Monti.

« Il faut en outre être conscients des liens entre le changement climatique, la biodiversité et la santé humaine ; et de la nécessité de revigorer et d’étendre nos services de santé nationaux », poursuit l’ex-commissaire européen.

La santé, un bien public mondial

Troisième axe de ce vaste chantier, « renforcer la position de la politique de santé dans l’élaboration des politiques générales des gouvernements et des organisations internationales, en créant un Conseil mondial de la santé et des finances au sein du G20, qui reconnaîtrait que la santé est un bien public mondial. Les nouvelles générations méritent un monde où le progrès ne se fait pas au détriment de leur santé et de la santé de la planète », conclut l’Italien.

La Commission paneuropéenne sur la santé et le développement durable recommande dès lors aux pays de mettre sur pied des stratégies « One Health » intergouvernementales, fondées sur le concept de « la santé dans toutes les politiques » et basées sur un partenariat entre les secteurs public et privé, où les risques et les bénéfices sont partagés équitablement.

Ces stratégies devront également prendre en compte les inégalités sociales et les discriminations qui les fondent (sexisme, racisme, etc.) afin de réduire la polarisation de la société et rendre confiance aux citoyens et citoyennes en leurs institutions. La Commission, qui insiste par ailleurs sur la prévention plutôt que la réactivité en matière de santé, préconise de recueillir des données sur les différents niveaux de santé au sein des populations et ainsi de mieux suivre les inégalités en matière de santé et d’accès aux soins de santé et aux services sociaux.

Enfin, la Commission appelle à la création d’un conseil paneuropéen sur les menaces sanitaires et plaide pour des investissements dans des plateformes de partage et d’interopérabilité des données, « dans le respect de la vie privée », dans toute la région, qui s’étend des frontières occidentales butant contre l’océan Atlantique aux confins de la Russie, à l’extrême est.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *