« Si ce n’est pas réglé avant samedi, je reviens et je te tranche la gorge » : 1 an de prison ferme pour Samir qui a menacé une employée de la CAF

Dans un climat social tendu, l’affaire fait écho au malaise ressenti par les salariés des caisses d’allocation familiale des Bouches-du-Rhône. Eux qui dénoncent inlassablement des conditions de travail devenues « insupportables ». « Nous ne pouvons plus remplir notre mission correctement, l’État ne donne plus les moyens aux Caf de se développer et les services ne peuvent plus suivre », déploraient de concert en début de mois FO et la CGT.

Une intersyndicale en grève perlée, depuis juin, pour protester contre les réductions d’effectif et une « mauvaise organisation des services » qui provoquerait, entre autres, des retards dans le traitement des dossiers. Conséquence : des fonctionnaires constamment sur le gril dans les trois implantations marseillaises (Malaval, Gibbes, Desautel) qui tournent à plein régime. Jusqu’à la surchauffe…

Les 14 et 20 août derniers, Dounia, responsable de la relation service de la Caf de Malaval, a vécu un cas extrême. « Depuis plusieurs jours, un individu sedéplaçait dans nos locaux pour se plaindre que ses prestations de juillet n’avaient pas été versées en août. Car ce dernier voulait que le virement se fasse sur le compte d’une tierce personne, ce qui prend plus de temps… mais malgré les multiples explications, il se plaignait que les choses n’allaient pas assez vite », a confié cette cadre aux policiers.

« Si ce n’est pas réglé avant samedi, je reviens et je te tranche la gorge »

Buté et à bout de nerfs, Samir B., 31 ans, est revenu la semaine suivante, puis le lendemain, et encore le lendemain… « Il exigeait que je lui donne une date. Je lui ai dit que je ne pouvais pas mais que son dossier serait validé dans la semaine« , a poursuivi Dounia, qui l’a reçu à plusieurs reprises. C’est alors que l’allocataire est passé aux menaces : « Si ce n’est pas réglé avant samedi, je reviens, je te tranche la gorge (…) J’ai un couteau dans le sac, je le prends, je t’égorge », lui aurait-il répété, en mimant le geste avec sa main. Et d’ajouter, inquiétant : « Je reviendrai tous les jours, j’ai fait de la prison, je n’ai pas peur ! ». Six jours plus tard, rebelote : « Elle est où ta cadre ? Je n’ai pas été payé ! Si elle sort je vais la balafrer ! », aurait-il hurlé à l’accueil, en proférant au passage des insultes à caractère racistes à l’attention de Dounia.

Mais cette fois, des policiers étaient au rendez-vous. Menottes. Garde à vue…

Originaire du nord de la France et comptant déjà 24 mentions au casier, le prévenu a été traduit, en cette fin de semaine, devant le tribunal correctionnel. « Le jour des faits, elle avait déjà eu affaire à quatre personnes au comportement véhément. C’est déjà anormal. Mais c’est sans commune mesure avec ces faits gravissimes. Elle a eu très peur ! C’est inadmissible de se faire menacer de mort sur son lieu de travail ! », a cinglé Me Buzier-Ouertani, au côté de la victime, en se félicitant que la Caf se porte partie civile.

« Quand on a du retard sur son dossier et qu’on a le compte en banque vide, ça peut énerver », a souligné l’avocat de la défense, Me Bensalem, « mais si ça a pris de telles proportions, c’est que nous sommes dans le cas d’une personne qui souffre de lourds problèmes psychiatriques. Il était suivi et a arrêté son traitement ». Et de demander que son client soit déclaré pénalement irresponsable. Peine perdue, les magistrats l’ont condamné à 1 an de prison ferme avec un placement immédiat en détention.

Source : LAPROVENCE

Please follow and like us:
error

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Facebook
Facebook