Régionales : Gérald Darmanin estime qu'une victoire du RN serait "une marque satanique" -

Régionales : Gérald Darmanin estime qu’une victoire du RN serait « une marque satanique »

Les élections régionales ont lieu les 20 et 27 juin. Alors que le parti présidentiel est en difficulté, Gérald Darmanin a comparé une potentielle victoire du Rassemblement national à « une marque satanique », relatent Le Bien Public et BFM TV.

Alors que les partis entrent dans la dernière ligne droite, Gérald Darmanin, en déplacement à Dijon (Côte-d’Or) jeudi 10 juin, a lâché une petite phrase qui n’a pas manqué de faire bondir, particulièrement du côté du Rassemblement national. « Au second tour, il y a la volonté que le Rassemblement national ne gagne jamais une région. On voit bien la marque satanique que représenterait une victoire du RN, a estimé le ministre de l’Intérieur, avant de poursuivre son propos, comme le relaient Le Bien Public et BFM TV. Si un territoire est dirigé par un parti extrémiste, pensez-vous que les investisseurs étrangers viendront davantage ? Non. Ils iront dans un endroit plus acceptable. »

« Il faut que LREM garde son calme »

La réaction de la présidente du Rassemblement national n’a pas tardé. Sur Twitter d’abord, Marine Le Pen a réagi par une simple question : « Ont-ils tous perdu la tête ? » Son tweet était accompagné d’une capture d’écran de l’article du Bien Public relatant les propos de Gérald Darmanin. « Il faut que LREM garde son calme et arrête d’insulter l’opposition, ça pose un problème démocratique », a-t-elle également répondu sur CNews. En février dernier, le débat entre ces deux personnalités politiques sur France 2 avait déjà fait couler beaucoup d’encre, le locataire de la Place Beauvau dénonçant « la mollesse » de la députée.

Plusieurs ministres ont déjà attaqué le RN

Gérald Darmanin n’est pas le seul ministre à avoir tenu des propos véhéments envers le Rassemblement national et sa présidente. Début mai, en déplacement à Lens (Pas-de-Calais), Éric Dupond-Moretti expliquait que « le Front national est pour un vrai danger pour la démocratie, qu’il s’agisse de sa déclinaison nationale ou régionale ». Le ministre de la Justice avait poursuivi : « Il n’y a jamais l’ombre d’une proposition, jamais l’envie de débattre. C’est curieux de concevoir la démocratie sans débat, non ? ». Quelques jours plus tard, Olivia Grégoire, secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, répondait sur franceinfo que selon elle « l’ennemi raciste à abattre, l’ennemi de la République, c’est Marine Le Pen ». Sur Europe 1, le 6 juin dernier, Bruno Le Maire en rajoutait une couche. « Le RN n’a pas besoin d’autres carburants que nos renoncements, les ambiguïtés des uns et des autres, et les inquiétudes des Français […]. Nous ne faisons preuve d’aucune ambiguïté dans le refus catégorique vis-à-vis du RN. Ce que propose Marine Le Pen ruinera la France dans des délais très rapides », commentait le ministre de l’Économie.

Cette guerre des mots s’inscrit dans un contexte où le Rassemblement national serait en passe de réaliser plusieurs percées, notamment au premier tour des régionales, selon différents sondages. BFM TV avance qu’il pourrait être en tête dans 6 des 13 régions. À l’heure actuelle, il est difficile de savoir quels seraient les éventuels reports de voix et les retraits de listes dans le but d’opérer un front républicain contre le RN au second tour.

Thierry Mariani vainqueur en PACA ?

Le Parisien fait état d’un sondage Ipsos Sopra/Steria pour France Télévisions et Radio France datant du 9 juin. Si en Île-de-France, Jordan Bardella (RN) se placerait deuxième à 18% loin derrière la liste de Valérie Pécresse, la situation est différente dans d’autres régions. Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand avec sa liste de droite (34%) serait juste devant Sébastien Chenu (RN, 32%) au premier tour, dans le Grand-Est, Laurent Jacobelli (RN, 25%) talonnerait Jean Rottner (LR, 27%), comme Nicolas Bay (RN, 28%) face à Hervé Morin (PS, 32%) en Normandie.

En Bretagne, Gilles Pennelle (RN, 20%) est annoncé en tête au premier tour, comme Julien Odoul (28%) en Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Paul Garraud (RN, 33%) en Occitanie, Edwige Diaz (RN, 27%) en Nouvelle-Aquitaine ou encore Aleksandar Nikolic (RN, 28%) en Centre-Val-de-Loire. Enfin, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, après les nombreuses péripéties entre Renaud Muselier et les Républicains, malgré le retrait de la liste LREM en soutien à LR, c’est bien Thierry Mariani (RN) qui pourrait tirer son épingle du jeu et l’emporter au second tour.

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