Plainte de Schiappa contre les gilets jaunes : la vidéo est différente de ce que la ministre a raconté

Le 24 mai dernier, des « gilets jaunes » avaient manifesté devant le domicile sarthois de la secrétaire d’Etat en pleine nuit.

« Agression sonore », « injures sexistes »… Six « gilets jaunes » comparaissent ce mercredi 24 juillet devant le tribunal correctionnel du Mans pour leur participation à une manifestation nocturne devant le domicile de Marlène Schiappa, en mai dernier.

Marlène Schiappa à l’Assemblée nationale, le 27 novembre 2018.
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Il était environ minuit et quart, dans la nuit du 24 au 25 mai dernier, quand un petit cortège de « gilets jaunes » s’était retrouvé devant la maison de la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa, au Mans. La quarantaine de personnes rassemblée se met à entonner des slogans. Des chants anti-gouvernement, anti-système, anti-Marlène Schiappa. La secrétaire d’Etat évoque sur Facebook et sur les plateaux de television « des slogans agressifs », des « menaces de mort » et insiste sur le « traumatisme » de ses deux enfants, réveillés par le tapage nocturne. Des événements d’une « violence intolérable », qui la conduisent à porter plainte.« Les enfants tirées du sommeil se sont levées en pleurant et criant et sont venues en courant car je vous laisse imaginer l’effet sur des enfants endormis des bruits de détonation couplés aux bruits de frappe sur les portes et les fenêtres et les cris assimilés Schiappa, on est venus te crever !” »

Schiappa Facebook

Plusieurs chefs d’accusations ont été retenus contre les personnes jugées ce mercredi : deux personnes comparaissent ainsi pour « agression sonore », deux pour « organisation d’une manifestation non déclarée » et deux pour « injures sexistes », et les peines peuvent aller de six mois à un an de prison ferme. Aucune mention des « menaces » sur lesquelles la secrétaire d’Etat avait pourtant insisté.

Trois minutes de manifestations

La manifestation impromptue des « gilets jaunes du 72 » avait été diffusée en direct sur Facebook avant d’être supprimée, à la demande de Marlène Schiappa. Certains journalistes (notamment d’Europe 1 et de « Libération ») ont toutefois pu visionner la séquence vidéo, d’une durée totale de 3h08 minutes, dont 3 minutes passées devant le domicile de Marlène Schiappa. Et selon eux, elle contredit certains éléments rapportés par la secrétaire d’Etat dans sa publication Facebook. Les manifestants n’ont, par exemple, pas « taper sur les portes et les fenêtres de la maison » comme elle l’avait pourtant affirmé, mais on les voit faire exploser des pétards, souffler dans une corne de brume et l’insulter abondamment à coup de « salope ! » ou d’« enfoirée ! ». Le tribunal s’appuiera probablement sur cette vidéo.

Les « gilets jaunes » de la Sarthe, dans une lettre ouverte publiée sur Facebook puis supprimée, avaient reconnu que des insultes avaient été proférées contre Marlène Schiappa, mais démentaient toute agression ou menaces de mort, parlant d’une ambiance bon enfant, selon France-Info. Jean-Baptiste Vigin, avocat de trois prévenus, interrogé par 20 minutes tempère :« Honnêtement, elle répète à longueur d’interviews qu’elle vit à Paris. Symboliquement, ils sont allés devant chez elle faire un peu de bruit, mais ils pensaient qu’elle était absente… »

Entre les versions divergentes, ce sera donc à la justice de trancher. Marlène Schiappa ne se rendra pas à l’audience, mais des « gilets jaunes » comptent, eux, organiser un rassemblement de soutien devant le tribunal.

Source : L’OBS

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