Personne n’en parle : une otage américaine libérée par le commando français au Burkina Faso

Une citoyenne américaine effacée des écrans, dont l’enlèvement, le 12 avril, est resté top secret durant un mois. Pouvons-nous nous interroger sur cette anomalie ?

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Curieusement, le 12 avril, aucune source africaine ne signale le rapt. Comme si ce kidnapping était un mirage dans le désert. Le 12 avril n’est pourtant pas une date anodine dans la région. Ce jour-là, le Groupe de l’Etat Islamique dans le Grand Sahara multiplie les raids sur le territoire burkinabais. Il enlève un enseignant osant apprendre le français aux enfants de la région et, quelques jours plus tôt, le 8 avril, assassine froidement le maire de la commune de Koudougou, accusé d’être un agent à la solde de l’armée burkinabaise, donc un suppôt de la France des « croisés ». Une exécution pure et simple. Le groupe djihadiste, inféodé à Daesh, après avoir subi de lourdes pertes dans la région, déstabilisé par des opérations commando de la France et des Etats-Unis contre ses bases, s’est alors lancé, durant cette période, dans une stratégie de la terreur tous azimuts dans la « zone des trois frontières », entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Enlèvements, assassinats de religieux, d’élus locaux, attaques de bases militaires.

Pour les états-majors américain et français, il était clair que Daesh avait jeté son dévolu sur cette région pour en faire son nouveau sanctuaire africain. Un enjeu à haut risque qui pouvait tansformer la région en « nouvelle Syrie ». C’est dans ce contexte sous haute tension que se déroule la libération de nos otages, le 10 mai, lesquels ont longuement remercié leurs libérateurs, tombés au champ d’honneur. En revanche, nos dames sexagénaires sont restées coites, dont l’une plus invisible qu’un courant d’air. Officiellement, les autorités américaines ne communiquent pas au sujet de leurs ressortissants kidnappés et auraient demandé à conserver l’anonymat de leur compatriote en attendant de l’avoir débrieffée… C’est Donald Trump qui a fait le job, dans son style très cow-boy : « Bon boulot, les Frenchies, et merci ! ».

Nous devrions donc être fiers du coup de chapeau viril de la première puissance militaire du monde au pays des droits de l’Homme. Et pourtant… Comment s’empêcher de ressentir un certain malaise, comme un doute sur le scénario présenté par nos autorités. Comment ne pas avoir envie de poser quelques questions. Qui étaient les ravisseurs ? Des membres de la direction de l’EIGS qui justifiait une intervention précipitée ? De simples commerciaux du business du rapt qui s’apprêtaient à livrer leurs victimes à de plus gros poissons ? La fenêtre de tir présentée par les autorités françaises étaient-elles aussi bonne qu’on nous l’a vendue ? Bien sûr, toutes ces interrogations ne feront pas revenir nos deux compatriotes. Leur rendre hommage ne signifie pas qu’il faille fermer les yeux, ou détourner notre regard sur le mystère de l’otage américaine, volatilisée sans laisser d’adresse. Au contraire. Comprendre, c’est honorer leur mémoire.

Source : MSN

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