Partout en France : les grèves se multiplient aux urgences

Des les hôpitaux, un peu partout en France, les personnels des urgences ont lancé des mouvement de grève pour réclamer plus de moyens.

Phénomène de contagion ou conséquence logique d’une crise dénoncée depuis des années : les grèves aux urgences hospitalières se multiplient un peu partout en France depuis ces derniers jours, dans le sillage du mouvement démarré mi-mars à Paris, les personnels réclamant partout plus de moyens.

Grève depuis deux semaines à Angers, où la direction faisait état de 80% de grévistes jeudi, mais aussi depuis lundi dans des établissements à Bordeaux, Brest ou Beauvais, depuis mardi à Besançon… Au total, d’après la CGT et le collectif Inter-Urgences, une quarantaine de services sont désormais mobilisés.

35% de grévistes à l’AP-HP, à Paris

La moitié se trouve à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), où le taux de grévistes se maintient autour de 35%, selon la direction.

« Le mouvement s’étend », s’est félicité auprès de l’AFP l’urgentiste et cégétiste Christophe Prudhomme, qui réclame « des négociations nationales sur les effectifs, des primes de 300 euros par mois pour les agents » et davantage de « lits » pour désengorger les services où s’entassent les brancards.

Partie de la base, la mobilisation entamée mi-mars, après une série d’agressions à l’hôpital parisien Saint-Antoine (XIIe arrondissement) s’est propagée le mois dernier aux autres services du CHU francilien, sous l’impulsion de soignants rassemblés derrière la bannière d’Inter-Urgences, relayés par les principaux syndicats de l’AP-HP (CGT, SUD et FO).

Vidéo. Les urgences de Beauvais réclament des moyens à leur tour :

« Un boulot de chien »

« C’est un boulot de chien de travailler aux urgences. On se fait cracher dessus tous les soirs. Des gens meurent » faute de prise en charge rapide, a résumé pour l’AFP l’infirmier Hugo Huon, membre de l’Inter-Urgences en poste à l’hôpital parisien Lariboisière, où le décès inexpliqué d’une patiente en décembre a jeté une lumière crue sur le manque de moyens.

A l’AP-HP, la direction a déjà proposé 61 postes supplémentaires, une prime mensuelle de 65 euros et un versement exceptionnel de 250 euros. Sans pour l’heure parvenir à enrayer la mobilisation, qui a trouvé un écho favorable en régions, poussant des agents à se mettre en grève ou confortant ceux qui l’étaient déjà.

A Beauvais (Oise), « le personnel s’est dit : Là, il faut qu’on bouge », a indiqué le secrétaire FO David Cotu. Malgré des problématiques locales, comme le « manque d’effectifs la nuit, (…) on est tout à fait dans la logique de contagion nécessaire de ce mouvement », a abondé le secrétaire CGT Eric Couq.

Une rencontre nationale prévue à Paris, samedi 25 mai

A Valence (Drôme), où les soignants mènent depuis fin mars une grève illimitée et chantée, avec une vidéo cumulant plusieurs millions de vues sur les réseaux sociaux, l’Inter-Urgences suscite des espoirs. « Maintenant qu’une flamme est en train de monter, il faut qu’on trouve les moyens d’action pour qu’il y ait un vrai impact », a estimé Virginie Turrel, infirmière, rappelant que les soignants, assignés pour garantir la continuité des soins, « ne peuvent pas vraiment faire grève ».

Poursuivant sur sa lancée, le collectif appelle à une rencontre nationale de tous les services en grève le 25 mai à Paris. Il prévoit aussi de « durcir » le mouvement à l’AP-HP à compter de la semaine prochaine, selon Hugo Huon.

Pour la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui s’exprimait mercredi 15 mai 2019 à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, « les urgences souffrent aujourd’hui d’une désorganisation » à laquelle répond selon elle son projet de réforme du système de santé, en misant notamment sur la mobilisation des médecins libéraux.

Un objectif louable mais qui « prendra du temps » alors que l’« urgence » est « immédiate », selon l’Amuf.

Source : ACTUFR

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