Mort de Steve : Ce témoin affirme avoir été écarté de l’enquête de l’IGPN

Son témoignage n’apparaît pas dans le rapport contesté de la police des polices, selon lequel « il n’y a pas de lien » entre l’intervention controversée des forces de l’ordre et le décès du jeune homme.

La situation a de quoi étonner, et intriguer. Romain G., un Nantais de 33 ans, était présent quai Wilson, la nuit de la Fête de la musique, au cours de laquelle Steve Maia Caniço a disparu. Mais, alors qu’il s’est présenté à la police le 27 juin, conformément aux recommandations de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), son témoignage n’apparaît pas dans le rapport contesté de la police des polices, selon lequel « il n’y a pas de lien » établi entre l’intervention controversée des forces de l’ordre et le décès du jeune homme. L’IGPN, qui a conduit cette enquête administrative, écrit qu’il n’a pas donné suite à ses sollicitations.

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Un « mensonge », répond Romain, qui confie ce jeudi à « Presse Océan » et au « Monde » son incompréhension et sa colère, et livre son témoignage sur cette fameuse soirée qui a tourné au drame.

« J’ai crié “N’avancez pas, il y a la Loire !” »

Que s’est-il vraiment passé cette nuit-là ? Romain affirme qu’il était présent sur les lieux avec sa compagne et la sœur de celle-ci. Un gaz lacrymogène a atterri à ses pieds, peu après que l’opération de police a débuté, dit-il.« Quand j’ai rouvert les yeux, tout le monde partait n’importe où. J’ai cherché ma compagne et j’ai vu sa robe verte qui se dirigeait vers la Loire. J’ai couru vers elle et je l’ai rattrapée par le bras à 50 cm de la Loire. On a fait demi-tour pour se mettre à l’abri. »

Il ajoute :« C’est terrible mais à ce moment-là, on a croisé des gens qui avançaient vers le fleuve, j’ai crié N’avancez pas, il y a la Loire !”. On n’a rien pu faire, j’ai entendu les cris et le bruit des corps qui tombent dans l’eau. »

Romain explique avoir retrouvé ensuite la sœur de sa compagne. « Elle était prise d’une crise de tremblements, je l’ai mise en PLS [position latérale de sécurité, NDLR]. »

Au commissariat, le trentenaire indique ensuite avoir eu des difficultés pour déposer sa plainte. Il évoque deux heures d’attente, mais aussi « des ordres et des contre-ordres ». Si sa plainte a bien été transmise au procureur de la République, qui indique l’avoir jointe à celles des 89 fêtards ayant intenté une action, Romain conteste avoir reçu « par e-mail, le 28 juin, à 8h56 et 30 secondes », une relance de la police, comme celle-ci l’affirme :« Je n’ai jamais reçu ce mail, sinon je me serais présenté pour raconter tout ce que j’avais à dire. »

« Je suis indigné comme citoyen »

Alors qu’il sera entendu ultérieurement dans le cadre de l’enquête judiciaire confiée à l’IGPN, Romain ne cache pas sa colère d’avoir été écarté de l’enquête administrative, dont les conclusions viennent d’être dévoilées. « Je suis indigné comme citoyen », confie-t-il à nos confrères.« Mais je suis déterminé. J’irai jusqu’au bout de mes droits et de mes devoirs. La vérité doit éclater. Pour Steve, pour sa famille. »

Son avocat a par ailleurs annoncé qu’il allait adresser un signalement au Défenseur des Droits et au magistrat instructeur chargé de l’information judiciaire contre X du chef d’« homicide involontaire » afin que son client « soit entendu par leurs soins ».

Source : L’OBS

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