Mort de Steve : 148 témoignages qui accablent l’opération policière

Le Journal du dimanche a eu accès ce 11 août à une centaine de témoignages sur l’opération policière au cours de laquelle Steve Maia Caniço a trouvé la mort le 21 juin dernier après avoir chuté dans la Loire lors de la Fête de la musique à Nantes.

Ce sont de nouveaux éléments au goût de coup de tonnerre sur les interrogations quant aux circonstances de la mort du jeune Steve Maia Caniço que diffuse ce dimanche Le JDD.

Alors qu’il célébrait entre amis la Fête de la musique dans la nuit du 21 au 22 juin derniers sur un quai nantais, des dizaines de noceurs étaient tombés à l’eau au cours d’une intervention policière après avoir reçu du gaz lacrymogène limitant entre autres leur champ de vision.

  • « Parmi les 148 témoins, tous ceux qui reviennent sur le début de la charge soulignent qu’à aucun moment ils n’ont entendu la police prévenir avant que les grenades lacrymogènes –pointées du doigt depuis les « gilets jaunes » -, ne s’abattent au milieu de la foule réunie sur le quai (…). « Sans sommation, précise l’un des témoins. « La musique est coupée un court instant, le public proteste gentiment, comme ça se fait à tout concert », peut-on lire dans le journal dominical (article payant).

« C’est au moment où le nuage lacrymogène nous a envahis qu’on a vu des gens tomber dans la Loire »

  • « C’est au moment où le nuage nous a envahis qu’on a vu des gens tomber dans la Loire », déclare encore une jeune fille, la voix tremblante. « C’était le gros bordel, les flics qui passent en plein milieu de la piste de danse en te dévisageant. C’est incroyable, renchérit un autre témoins de la scène. Là, j’ai vu des gens tomber dans l’eau ».

En quoi cette centaine de témoignages fait-elle sens ? Elle succède en fait à des dizaines d’autres récits, auxquels s’ajoutent les plaintes dans les commissariats. Des zones d’ombres ont surgi dès la disparition de Steve, pendant plusieurs jours avant que son corps ne soit retrouvé par les plongeurs, puis identifié à l’autopsie.

Manifs et recueillement

Tristesse, marches blanches, manifestations en série en juillet contre les violences policières avec force interpellations à Nantes. Car L’IGPN soutient ses agents dans un rapport, accusé par des plaignants d’avoir éludé leur propre main courante. La colère est décuplée. Du slogan « Où est Steve ?« , on passe à « Justice pour Steve« . Familles dévastées, réactions des politiques jugées insuffisantes.

Multiples plaintes depuis le drame

Autre exemple symptomatique d’un témoignage antérieur aux révélations de ce dimanche : parmi les 89 personnes ayant déposé plainte, deux ont déclaré avoir également chuté dans la Loire. Ils passeront une vingtaine de minutes dans le fleuve avant d’être secourus : un autre aspect du scandale dans auquel les secouristes enfonceront le clou.

Le dossier tient en haleine la France entière depuis presque deux mois dans ce qui est devenu « l’affaire Steve ». Débat éminemment politique, exacerbé mais qui ne date pas d’hier : flashballs éborgnants, gaz lacrymogènes. Des munitions s’avérant souvent « disproportionnées ».

La police entre colère et désarroi

Les forces de l’ordre, désarmées devant ce déchaînement médiatique et contestataire, tentent de se défendre comme elles peuvent, avec leur lot de colère, de suicides, de dépressions et d’estropiés de ce côté des barricades. Selon de récents sondages, 71% des Français continuent quoi qu’il en soit à leur faire confiance ou leur inspire « sympathie ». Son action est jugée efficace par 68% d’entre eux. Toutefois, la police suscite en revanche de l’« inquiétude » chez 20% des Français, même si elle rencontre peu d’ »hostilité » (6%).

Source : ICI

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