Marseille : Ce boucher vend des saucisses au cannabis (vidéo)

Derrière son étal de la rue d’Endoume, ce jeune boucher propose des chipolatas à l’herbe, qu’il a confectionnées à partir de cannabidiol, le fameux CBD présent dans la fleur de cannabis

« Le jour où j’aurai mon magasin, je tenterai ce coup ! » Un coup fumant, réalisé trois ans plus tard, dans les règles de l’art. Luca Morand a maintenant 22 ans. Et affiche ses initiales en devanture de sa boutique, Boucherie LM, sur la rue d’Endoume (7e). Le jeune boucher a poursuivi sa lubie, fantaisie subite d’un barbecue d’été entre potes : réaliser des saucisses… au cannabis !

« Au CBD« , corrige Luca, exalté par son sujet. Du cannabidiol, substance présente dans le cannabis qui, contrairement au THC, autre molécule issue de la fleur, ne provoque pas d’effet psychotrope. « En revanche, j’ai superbien dormi après y avoir goûté« , sourit Karine, la maman de Luca, soutien inconditionnel du jeune boucher à la main verte.

C’est en avril dernier, près d’un an après l’ouverture de sa boucherie, que l’alchimiste se penche plus sérieusement sur son projet. « J’ai commencé par aller voir plusieurs fournisseurs (les boutiques spécialisées dans le CBD, Ndlr) pour connaître leurs tarifs. Comme lorsque je fais n’importe quelle saucisse à l’oignon. Sinon que cette fois, c’est un oignon très cher, à 13 le gramme« , sourit-il. Aussi, Luca s’est renseigné sur la réglementation en vigueur concernant le CBD : « J’ai regardé toutes les interdictions le concernant : il doit contenir moins de 0,2 % de THC. Et s’il est interdit de le fumer, on peut l’ingérer. Il est d’ailleurs vendu pour des tisanes, des plaquettes de chocolat ou, encore, pour vapoter« . Après de nombreuses expérimentations de recette « pour trouver le bon équilibre » du produit final – une chipolata à base de porc Label rouge associée au CBD – il baptise ses saucisses « Ouidi » et dépose la marque du même nom. Du jamais vu en France, s’assure le jeune homme au détour de quelques recherches, « et même dans le monde ! J’ai trouvé de nombreuses préparations à base d’herbe – il y a un kebab en Turquie qui le fait – mais jamais dans la charcuterie« .

Voilà désormais trois semaines que Luca expose fièrement au bout d’un croc les fameuses Ouidi. « J’ai une clientèle très variée, intergénérationnelle. Dès le départ, les jeunes savaient de quoi il s’agissait. Pour les plus âgés, qui connaissent moins le produit, je leur raconte la plante« .

Déjà, le boucher a vendu « une quinzaine de kilos » de sa confection inédite. Parmi les clients, de nouveaux venus dans l’étal de la rue d’Endoume… « Certaines personnes ont vu la vidéo que j’ai postée sur Instagram, et ont voulu découvrir le produit« , se félicite Luca. Qui attend désormais « de voir si le marché existe vraiment », au-delà de l’effet « nouveauté ».

Un marché qui pourrait, à l’instar des chipolatas de la Boucherie LM, s’avérer juteux : les Ouidi sont vendues à 50€/kg, « le prix de l’exclusivité !« , sourit l’expert. On a testé, l’exclusivité a bon goût !

Source : LAPROVENCE

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