Macron veut baisser le droit de vote à 16 ans -

Macron veut baisser le droit de vote à 16 ans

Interrogé par le jeune youtubeur Hugo Travers, le président a conditionné ce geste à ce que les 18-25 ans, qui sont de traditionnels abstentionnistes, aillent «saturer tous les compteurs de vote» aux prochains scrutins.

French presidential election candidate for the En Marche ! movement Emmanuel Macron (L) casts his ballot at a polling station in Le Touquet, northern France, on April 23, 2017, during the first round of the Presidential election. / AFP PHOTO / POOL / Eric FEFERBERG

La campagne jusqu’à la dernière seconde. Pendant que les partis organisaient leurs derniers meetings, Emmanuel Macron répondait aux questions d’Hugo Travers, animateur d’une chaîne YouTube. Objectif, mobiliser les électeurs jusqu’au bout pour tenter de faire la différence dans la dernière ligne droite. Vendredi soir, il s’agissait pour le président de la République de s’adresser aux jeunes, grands abstentionnistes traditionnels lors des élections européennes. «Il y a cinq ans, près des trois quarts des moins de 25 ans n’ont pas été voter», a rappelé Emmanuel Macron. Il a ensuite dit n’être «pas opposé» à abaisser le droit de vote pour les jeunes. «Je suis prêt à avancer sur le 16-18», a-t-il assuré, conditionnant ce geste à ce que les 18-25 ans aillent «saturer tous les compteurs de vote». S’adressant aux jeunes, il leur a expliqué avoir accepté cette dernière interview «pour essayer de vous convaincre d’une chose: pour vous, pour l’Europe, pour notre pays, c’est essentiel d’aller voter».

En début d’entretien, le chef de l’État est rapidement revenu sur les questions des internautes. Comment voter? Comment s’informer sur les programmes? Comment lutter contre les lobbies?… Après une centaine d’heures de grand débat national, l’exercice relevait de l’échauffement pour Emmanuel Macron qui a démarré par un peu de pédagogie. Les procurations? «Vous pouvez encore le faire ce soir, demain matin aussi, il est encore temps». S’informer sur les programmes? «C’est à chacun d’aller faire la démarche. Le citoyen n’est pas passif, il doit entrer dans des débats, aller lui-même comprendre». Les politiques qui n’agissent pas pour changer le pays? «Il y a cinq ans, je n’étais pas dans la politique. Je n’étais pas content de ce qui se passait, j’ai lancé un mouvement, j’ai été élu».

Un public très sensible aux questions d’environnement

Mais le chef de l’État a également livré sa vision de l’Europe. Après tout, c’était le but. «Je ne suis pas pour le fédéralisme complet. Par contre je suis pour une Europe beaucoup plus unie», a expliqué Emmanuel Macron. Sur beaucoup de sujets, la souveraineté nationale n’est plus efficace». Climat, terrorisme, immigration, numérique… «Le niveau national ne permet plus tout à fait de protéger notre avenir. On a besoin d’être plus unis», a-t-il assuré avant de se dire favorable à «un pouvoir plus fort, plus démocratique au niveau européen».

Face à un public très sensible aux questions d’environnement, a fortiori au soir d’une «Marche pour le climat» qui a mobilisé près de 15.000 jeunes, Emmanuel Macron a également vanté l’échelle européenne pour agir contre le réchauffement climatique. Le chef de l’État a avancé des mesures «essentielles et rapides» à mettre en place: augmentation du prix du carbone, taxe aux frontières, mise en place d’une banque du climat et financement au niveau européen de la rénovation de logements. Arrivé à la fin de l’entretien, le chef de l’État était à peine échauffé: «S’il y a d’autres questions, je veux bien les prendre». Il les a prises. Puis il a conclu en lançant un vibrant appel à ce que les citoyens aillent «voter pour» plutôt que «contre» dimanche. Comme s’il était président «et en même temps» candidat.

Source : LEFIGARO

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