Macron : «On ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France»

Le chef de l’État ne veut laisser aucun pays « nourrir un séparatisme, qu’il soit religieux, politique ou identitaire », sur « le sol de la République ».

C’est une déclaration qui ne devrait pas contribuer à apaiser les relations déjà tendues entre la France et la Turquie. À l’occasion d’un déplacement à Mulhouse consacré à la lutte contre le « séparatisme islamiste », le chef de l’État a directement fait référence au pays de Recep Tayyip Erdogan. « On ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France », a-t-il ainsi prévenu. « Je ne cherche à froisser personne, mais je ne serai complaisant avec personne », a déclaré le chef de l’État au cours d’une conférence de presse. « La Turquie est un grand pays », a-t-il dit, tout en soulignant la difficulté des discussions avec les autorités turques sur l’enseignement de la langue turque et l’envoi d’imams en France.

« Je veux ici saluer le travail exemplaire que j’ai pu avoir avec le roi du Maroc ou le président algérien » sur « une capacité à bâtir des solutions en matière éducative et religieuse », a dit Emmanuel Macron. « Je pense que la Turquie a aujourd’hui le choix de suivre ce chemin avec nous », a-t-il ajouté. « Mais je ne laisserai aucun pays étranger nourrir, sur le sol de la République, un séparatisme, qu’il soit religieux, politique ou identitaire. » Il a souligné qu’un accord avait été trouvé avec tous les pays concernés, sauf la Turquie, sur une réforme du dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d’autres pays (Elco).

Relations tendues avec la Turquie

Notant la présence de nombreux habitants d’origine turque à Mulhouse, le président a affirmé qu’ils étaient « pleinement français » et qu’ils devaient avoir « les mêmes droits que tous les Français, mais aussi [être] soumis aux mêmes lois que tous les Français ». « Mais on ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France », selon lui. Les relations diplomatiques entre Paris et Ankara se sont tendues ces derniers mois, en particulier sur les dossiers des conflits en Syrie et en Libye, ou des ambitions turques autour des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale.

Source : lepoint

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