Le président des chasseurs propose de piéger les chats pour sauver la biodiversité

On va devoir «agir sur le chat». Ces quelques mots ne sont pas très clairs mais, dans la bouche du président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), ils n’ont pas manqué de faire réagir les internautes. Willy Schraen les a prononcés dimanche 3 mai, lors d’un live organisé sur Facebook par Chassons.com.

Que signifie exactement «agir sur le chat» ? Si Willy Schraen ne parle à aucun moment de tuer les petits félins, il évoque néanmoins «le piégeage» de ces animaux lorsqu’ils se trouvent «à plus de 300 mètres de toutes habitations».

Pourquoi ? Et bien parce que, selon le président de la FNC, «le chat est en train de détruire la biodiversité». Il insiste : le félin «tue bien plus d’animaux que les chasseurs, c’est même pas à comparer».

Willy Schraen poursuit néanmoins en ajoutant qu’il ne pense pas pouvoir mettre en place une telle mesure : «Je ne le sens pas. On le voit bien, on est attaqués de toute part, on nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, on nous reproche plein de choses. Alors maintenant, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler».

Et il ne croyait pas si bien dire… La vidéo, notamment partagée sur les réseaux sociaux par le journaliste Hugo Clément, a donné lieu à de vives critiques envers la communauté des chasseurs et leur président.

Un internaute a même lancé une pétition. Intitulée «Protéger les chats du président de la chasse Willy Schraen», elle est adressée, entre autres, à Emmanuel Macron et à la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

L’auteur du texte exige que Willy Schraen soit «puni pour ses dires» et assure «que le chat est un très bon chasseur et que si nous lui laissions faire son boulot sans le menacer, nous serions moins envahis par les rongeurs».

Il est pourtant vrai que la prédation du chat a un impact, notamment sur la petite faune sauvage. Plus de 11% des animaux accueillis dans les centres de sauvegarde de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en 2017 avaient été blessés par des chats : 84% étaient des oiseaux, 16% étaient des mammifères ou des reptiles.

Mais plutôt que de blâmer la race féline, l’association appelle à la responsabilité des propriétaires d’animaux, en énumérant les actions à mettre en place pour limiter la prédation des chats domestiques. Il s’agit notamment de les stériliser, les nourrir suffisamment, ne pas les abandonner et jouer avec eux pour leur permettre d’extérioriser leurs instincts de chasseurs.

La LPO propose également plusieurs dispositifs pour permettre aux propriétaires de chats d’aménager leur jardin afin d’assurer au mieux la cohabitation entre le félin et la petite faune sauvage. Les grilles en plastique, dispositifs d’arrosage automatique et autres répulsifs maison en font partie. Mais pas les pièges.

Source : CNEWS

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