Le patron d’un syndicat de police suspendu pour avoir dit la vérité va porter plainte contre Castaner (vidéos)

Sanctionné le 21 juin dernier pour offense à sa hiérarchie d’une d’exclusion temporaire de douze mois, dont six avec sursis, Alexandre Langlois s’estime victime de « discrimination syndicale ».

Affecté au Renseignement territorial des Yvelines, ce patron du syndicat policier Vigi a prévu de contester cette sanction devant le tribunal administratif en référé, selon des informations de « L’Express » et du « Parisien ».

Contacté par « le Parisien », Alexandre Langlois se défend :« Ce sont des sanctions extrêmement lourdes, alors que je suis très bien noté par ma hiérarchie […] C’est uniquement pour mes prises de position syndicales que je suis attaqué. »

Un de ses avocats, Me Yassine Bouzrou, annonce au « Parisien » qu’il a donc décidé de déposer plainte ce vendredi 5 juillet pour son client contre le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour « discrimination syndicale aggravée ».

« Devoirs de réserve, de loyauté et d’exemplarité »

La directrice adjointe des ressources et des compétences de la police nationale reproche au patron de Vigi, dans sa décision que « Le Parisien » a pu consulter, de nombreux manquements : « à ses devoirs de réserve, de loyauté et d’exemplarité » dans ses prises de position publique. Notamment en « formulant à plusieurs reprises des critiques outrancières et injurieuses nominatives » envers sa haute hiérarchie policière. Elle estime ainsi qu’Alexandre Langlois a, entre autres, porté « atteinte au crédit et au renom » de l’institution dont il est au service.

Plusieurs actions et prises de positions seraient reprochées au syndicaliste.

– Dans un tract du 10 janvier 2018, le syndicat minoritaire Vigi accuse le directeur général de la police nationale (DGPN) Eric Morvan et le directeur de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône de l’époque, Jean-Marie Salanova « d’avoir falsifié des statistiques de la délinquance », accompagné d’un photomontage des deux fonctionnaires avec écrit « Criminels ? ».

« Autre grief, alors que l’institution est secouée par une vague de suicides, Alexandre Langlois écrit, dans un tract du 19 février 2018, que la hiérarchie policière pourrait être jugée coupable de “provocation au suicide”, voire de “complicité de meurtre de fonctionnaires de police” », développe « Le Parisien ».

– Enfin, dans un autre tract de Vigi, cette fois daté du 24 octobre 2018, des « critiques outrancières et des sous-entendus infamants » auraient été formulées, « évoquant les agissements du médecin-chef de la police de Metz (qui a depuis été condamné pour agressions sexuelles et interdit définitivement d’exercer) ».

Un groupe de CRS à Paris le 1er mai 2019.

Mais selon le syndicaliste, ce sont également ses « prises de position » syndicales sur « la gestion du maintien de l’ordre pendant la crise des Gilets jaunes » et le fait qu’il se soit constitué « partie civile dans le dossier Benalla », qui lui ont valu cette sanction.

Source : L’OBS

Please follow and like us:
error

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Facebook
Facebook