Le Brexit met le RN à égalité avec les macronistes au Parlement européen

De nouveaux eurodéputés vont rejoindre le Parlement européen le 31 janvier après le départ officiel du Royaume-Uni. Sur les 27 nouveaux arrivants, la France en gagne 5 en raison de la progression de sa population.

Ils n’y croyaient plus. Les derniers eurodéputés élus en mai dernier vont enfin rejoindre les bancs de l’hémicycle européen, à la faveur du départ officiel du Royaume-Uni de l’UE.

Après des mois d’un scénario à rebondissement, l’accord du Brexit a finalement été adopté par les parlementaires britanniques le 9 janvier, et le Royaume-Uni sera effectivement sorti de l’UE  le 31 janvier.

À cette date, les 73 eurodéputés britanniques élus lors des  élections de mai 2019 vont donc quitter le Parlement européen, après 7 mois de mandat. Et une réorganisation partielle du Parlement européen s’annonce : 27 eurodéputés issus d’autres pays vont rejoindre l’hémicycle.

Ces eurodéputés « gelés » attendaient depuis le mois de mai la finalisation des négociations du Brexit pour pouvoir entamer leur mandat électoral.

Sur les 27 nouveaux entrants, la France va voir son contingent d’élus augmenter de 5 têtes, ainsi que l’Espagne. L’Italie et les Pays-Bas accueilleront 3 nouveaux eurodéputés et l’Irlande 2. La Pologne, la Roumanie, la Suède, l’Autriche, le Danemark, la Slovaquie, la Finlande, la Hongrie et l’Estonie auront également un eurodéputé supplémentaire. Les autres pays dont la population n’a pas progressé comme l’Allemagne voient leur contingent rester stable.

LREM à égalité avec le RN

Côté français, cette nouvelle vague d’entrants va profiter en priorité au parti La République en Marche (LREM) qui va récupérer 2 eurodéputés : Ilana Cicurel et Sandro Gozi. Sa délégation passera ainsi de 21 à 23 membres, ce qui place le parti de gouvernement à égalité avec le Rassemblement national (RN), qui récupère un élu (Jean-Lin Lacapelle) et verra sa délégation passer de 22 à 23 membres.

Les écologistes (EELV) passeront de 12 à 13 avec l’arrivée de Claude Gruffat, et la délégation PS-Place publique passera à 6 membres avec l’arrivée de Nora Mebarek.

Intégration 

L’arrivée des nouveaux eurodéputés devrait modifier à la marge les équilibres des grands groupes politiques au sein du Parlement européen.

Et certains postes à responsabilité se retrouvent vacants. C’est le cas des présidences des commissions « Pêche » et « Juridique », aujourd’hui dirigées par des élus britanniques du groupe « Renew ».

Ces deux présidences vont devoir être assurées par d’autres membres de la délégation. Et à ce jeu de redistribution, les eurodéputés « gelés » auront autant leur chance que les élus de la première heure.

« Il n’est pas impossible pour les nouveaux entrants d’obtenir de tels postes » assure une source au Parlement. Les discussions sont en cours au sein du groupe parlementaire. Sandro Gozi, qui rejoindra la délégation affiche déjà une solide expérience en politique européenne.

Ancien secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi avait rejoint le cabinet d’Édouard Philippe en tant que chargé de mission aux affaires européennes l’été dernier. Il avait démissionné de ce poste après une polémique sur sa collaboration avec le gouvernement maltais. « Mais le contrat de Sandro Gozi avec le gouvernement maltais était bel et bien terminée au jour de son élection et bien avant le début de son contrat à Matignon en aout » affirme-t-on du côté de la délégation française.

Les deux eurodéputés français LREM ont de fait déjà été intégrés au travail de la délégation depuis leur élection. « Ils sont dans la boucle depuis le début des travaux parlementaires. Ils ne vont pas arriver dans une délégation qu’ils ne connaissent pas » assure-t-on au sein de la délégation française de Renew.

Source : EUROACTIV

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