Iran: un médecin menacé pour avoir révélé la vérité sur le COVID-19 (vidéos)

L’Unité du renseignement des pasdarans a accusé le Dr Yousef de répandre des rumeurs après avoir publié des vidéos indiquant que le nombre de patients atteints du COVID-19 à Saqqez en Iran était passé à quatre chiffres.

« J’ai été convoqué devant le tribunal pour avoir émis des avertissements médicaux et pour avoir demandé aux habitants de Saqqez de ne pas sortir en ville et de rester chez eux. »

Un médecin devait comparaître devant le tribunal, aujourd’hui, le samedi 4 avril, pour avoir communiqué des nouvelles sur le coronavirus sur Instagram, et après avoir reçu au moins huit convocations et plusieurs menaces de mort.

Rahim Yousefpour, un spécialiste en médecine interne qui a pratiqué la médecine à Saqqez dans la province du Kurdistan iranien pendant de nombreuses années, a mis en ligne des vidéos sur Instagram ces 45 derniers jours, informant les gens sur la propagation du virus du coronavirus et la maladie COVID-19. En plus de parler des symptômes, de la transmission et des méthodes de prévention, Yousefpour a informé les iraniens de l’escalade de la maladie et du nombre de patients à Saqqez.

Dans une vidéo publiée sur Instagram le vendredi 3 avril, le médecin spécialiste a déclaré qu’il avait reçu huit convocations du tribunal pendant les vacances du nouvel an iranien pour avoir dit la vérité et qu’il devait comparaître devant le tribunal de Saqqez le samedi 4 avril. Il a fait d’autres commentaires ambigus qui susceptibles d’être des indices qu’il a reçu des menaces de mort ou qu’il a été menacé d’arrestation, déclarant aux gens que s’ils n’avaient plus de nouvelles de lui, ce ne serait pas parce qu’il a contracté COVID-19 ou qu’il a été impliqué dans un accident de voiture.

Saqqez a le plus grand nombre de cas de coronavirus dans la province. Selon des chiffres officiels, le nombre de personnes infectées par le COVID-19 à Saqqez a atteint 172 cas, vendredi 3 avril. Et pourtant, quelques semaines auparavant, lors de la vidéo quotidienne de Yousefpour du 9 mars, il a déclaré que le nombre de patients à Saqqez avait atteint des chiffres à quatre chiffres, une révélation que le directeur adjoint du traitement à l’Université des sciences médicales de la province du Kurdistan a semblé ignorer.

Le médecin a déclaré à IranWire que les informations qu’il avait publiées, y compris le nombre réel de personnes infectées par le coronavirus à Saqqez, avaient permis à des agents de l’unité du renseignement des pasdarans (IRGC) de faire pression sur lui pour qu’il cesse de publier et l’avaient sommé de se présenter à la cyberpolice (FATA). Ces dernières semaines, la pression s’est intensifiée et Yousefpour a reçu plusieurs menaces de mort.

IranWire a parlé au Dr Yousefpour de sa convocation et de la pression qu’il a subie.

Dr Yousefpour, dans votre dernière vidéo publiée sur Instagram, vous avez déclaré que vous aviez reçu huit avis de comparution devant le tribunal. Pourquoi avez-vous été convoqué ?

J’ai été convoqué au tribunal pour avoir émis des avertissements médicaux et pour avoir demandé aux habitants de Saqqez de ne pas sortir en ville et de rester chez eux. Malheureusement, au cours des premiers jours, mes avertissements n’ont pas reçu suffisamment d’attention et le nombre de personnes infectées à Saqqez est passé à plus d’un millier – et je l’ai annoncé dans l’un de mes messages. J’ai maintenant été accusé d’avoir présenté de fausses informations au public et d’avoir troublé l’opinion publique.

Pouvez-vous nous donner des détails sur votre prochaine comparution devant le tribunal et sur les poursuites engagées contre vous ? Votre avocat sera-t-il présent ?

Je dois me présenter à la troisième section du tribunal général de Saqqez le samedi 4 avril. Je n’ai pas d’avocat ; de nombreux avocats ont appelé pour me représenter, mais je préfère ne pas en avoir. Je me présenterai seul au tribunal, et comme je n’ai rien fait de mal, je retournerai naturellement à mon cabinet. Mais s’ils veulent m’arrêter, eh bien, ils le feront. Je ne suis pas un militant politique et je n’ai fait que mon devoir de sensibilisation à la maladie et à la santé des gens. Je pense que Kamil Karimian, le gouverneur de Saqqez, s’est très bien comporté pendant cette période, et pendant ce temps il a très bien coopéré avec le personnel médical, y compris moi. S’il y a un problème au tribunal, il me soutiendra. Je n’ai aucune autre garantie. Quant au plaignant, je ne sais pas qui ou quelle organisation a déposé une plainte contre moi, mais je pense qu’il s’agit peut-être de l’unité de renseignement de l’IRGC.

Il y a également eu des rumeurs en ligne selon lesquelles vous auriez été contacté et soumis à des pressions par les services de sécurité en raison des informations que vous avez fournies.

Oui, avant que l’unité du renseignement des pasdarans ne me contacte, ils (les services de sécurité) m’ont appelé et m’ont dit que j’avais publié une vidéo indiquant que le nombre de patients atteints du coronavirus à Saqqez était passé à des chiffres à quatre chiffres, et que c’était un exemple de la diffusion de rumeurs par moi. J’ai dit que je n’avais pas répandu de rumeurs et que j’avais suffisamment de preuves pour le prouver. J’ai été convoqué à plusieurs reprises à la police du FATA. J’ai remis au FATA des documents et des preuves qui prouvent que le nombre de personnes infectées par le coronavirus à Saqqez est supérieur à un millier de cas, et j’ai dit : « Pourquoi n’acceptez-vous pas les faits ? » J’ai souligné qu’en raison des renseignements que j’ai fournis, les forces de sécurité de la ville ont été contraintes de mettre la ville en quarantaine et de restreindre la circulation.

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