Ils ont été punis, ont disparu ou sont morts en Chine pour avoir lancé l’alerte sur le coronavirus -

Ils ont été punis, ont disparu ou sont morts en Chine pour avoir lancé l’alerte sur le coronavirus

Depuis le début de la crise à la fin de l’automne dernier, les autorités chinoises s’évertuent à préserver l’image du régime à l’international. Le Parti communiste lutte pour ainsi dire autant contre les Chinois un peu trop bavards que contre le virus lui-même.

De fait, les voix dissidentes sont directement tuées dans l’œuf. Des centaines de citoyens ordinaires ont déjà été condamnés à des amendes, voire arrêtés, pour avoir signalé sur Internet des files d’attente dans les hôpitaux, des pénuries de masques et la mort de membres de leur famille. Enfin, quelques lanceurs d’alerte ont mystérieusement “disparu” après avoir tiré la sonnette d’alarme sur la dangerosité du virus.

Lors des premières semaines de ce qui n’était encore qu’une épidémie, les autorités chinoises ont arrêté plus de 5.000 personnes pour avoir partagé en ligne des informations sur le virus. Les dissidents sont souvent décrits comme étant “malades” par le pouvoir qui les place ensuite en quarantaine, rapporte le Daily Mail.

Le Dr Li Wenliang

La répression à grande échelle a débuté par l’arrestation et la réprimande du docteur Li Wenliang, 34 ans, et de sept autres médecins pour avoir averti sur WeChat leurs collègues et des étudiants le 30 décembre de l’apparition d’un mystérieux virus, proche du SRAS, après que plusieurs patients présentant des symptômes similaires avaient été admis à l’hôpital de Wuhan. Ils avaient dès lors conseillé au personnel soignant de porter des masques et des vêtements de protection. Li Wenliang a rapidement été arrêté. Trois jours plus tard, la police l’a forcé à signer une lettre d’avertissement reconnaissant qu’il “perturbe l’ordre social”. Selon le procès-verbal de cet interrogatoire que Li Wenliang a publié ultérieurement, il lui était demandé de cesser ces actions illégales sous peine d’être poursuivi par la loi. Les autres dénonciateurs ont subi le même sort.

 La Commission de la santé municipale de Wuhan a ensuite été contrainte d’annoncer que 27 personnes étaient infectées par une forme atypique de pneumonie. Mais l’épidémie était “évitable et contrôlable” à ce moment, selon les autorités. Li Wenliang a lui-même contracté le virus et en est mort au début du mois de février.

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Le Li Wenliang a été le premier à prévenir de l'apparition du nouveau coronavirus, dont il a finalement succombé.

Le Li Wenliang a été le premier à prévenir de l’apparition du nouveau coronavirus, dont il a finalement succombé. © AFP

Le journaliste et YouTuber Chen Qiushi

La veille du décès du Dr Li, le journaliste Chen Qiushi – qui avait partagé des vidéos de scènes chaotiques dans des hôpitaux de Wuhan à ses 400.000 abonnés sur YouTube – a mystérieusement disparu. Sa famille a appris le lendemain qu’il était en fait maintenu en quarantaine dans un lieu gardé secret.

Chen Qiushi se savait dans le viseur de la police. Il avait adressé un inquiétant message à ses abonnés. “Tant que je vivrai, je parlerai de ce que j’ai vu et de ce que j’ai entendu. Je n’ai pas peur de mourir. Pourquoi devrais-je avoir peur de toi, Parti communiste?”, avait-il déclaré avant de disparaître.

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Le commerçant Fang Bin

Début février, on a également frappé à la porte de Fang Bin, un commerçant dans le secteur du textile. Il n’était pas malade et les hommes qui ont débarqué n’étaient pas des médecins mais des policiers, qui l’ont arrêté pour le “crime” suivant: Fang avait mis en ligne une vidéo montrant des piles de sacs mortuaires dans un hôpital de Wuhan. La vidéo a été visionnée plus de 200.000 fois avant que la censure ne fasse son travail. La police lui a demandé de cesser de répandre des “rumeurs” et l’a libéré le lendemain matin.

Le 9 février, Fang a publié en ligne une nouvelle vidéo dans laquelle il appelait à la résistance citoyenne et à la chute du pouvoir en place. Le quadragénaire a de nouveau reçu la visite des hommes en bleu. On ne l’a plus revu depuis. 

Le journaliste Li Zehua

Trois semaines plus tard, Li Zehua – un reporter de la télévision d’État chinoise qui a couvert seul la misère à Wuhan – a diffusé en direct sa propre arrestation lorsque des policiers en civil ont débarqué dans son appartement. Avant d’être emmené, Li a assuré être en bonne santé.

Auparavant, il avait déjà montré comment il avait été poursuivi par la police après avoir visité un laboratoire à Wuhan – d’où, selon certaines rumeurs, le virus se serait échappé.

Le gouvernement chinois reste silencieux sur le sort des dénonciateurs, mais la plupart d’entre eux auraient été enfermés dans des centres de détention secrets. Ils n’ont pas le droit de voir un avocat. La torture y serait pratiquée.

Le milliardaire Ren Zhiqiang

La seule personne disparue dont la Chine a officiellement évoqué le nom est le milliardaire Ren Zhiqiang, âgé de 69 ans. Il a disparu en mars après avoir traité le président Xi Jinping de “clown” parce qu’il aurait mal géré la situation lorsque le virus est apparu.

Des semaines après son arrestation, les fonctionnaires de Pékin ont déclaré que Ren Zhiqiang était détenu pour “violations graves” des lois et règlements du Parti communiste.

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Ren Zhiqiang en décembre 2012.

Ren Zhiqiang en décembre 2012. © AP

Le Professeur Xu Zhangrun

Xu Zhangrun a lui aussi été réduit au silence. Il a été placé en résidence surveillée à Pékin et son accès Internet a été coupé après avoir écrit un article critique sur la politique du président chinois. Il avait conclu son papier par ces mots pour le moins inquiétants : “C’est peut-être mon dernier article.”

Source : 7SUR7

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