Eduardo 12 ans est mort de faim, enchaîné et avec un collier électrique de chien autour du cou -

Eduardo 12 ans est mort de faim, enchaîné et avec un collier électrique de chien autour du cou

Eduardo Posso, 12 ans, était censé fréquenter l’école et vivre en Floride avec sa soeur, son père et sa nouvelle compagne. Mais au lieu de mener la vie normale d’un écolier dont les parents sont séparés, le petit garçon a vécu l’enfer jusqu’à périr des maltraitances, de la négligence et de la privation de nourriture qui lui étaient infligées par son propre père. Le petit Américain a été déclaré mort dans un hôpital de l’Indiana le 24 mai dernier, a appris CNN lundi sur base d’un rapport du tribunal.

Le père de l’enfant, Luis Posso, 32 ans, et sa belle-mère Dayana Medina-Flores, 25 ans, ont tous deux été arrêtés et inculpés pour meurtre, négligence, séquestration et violences sur mineur d’âge. Les autorités affirment que le couple a, sur le long terme, laissé l’enfant mourir de faim dans un motel de Bloomington, dans l’Indiana. La caution de chacun des deux accusés a été fixée à 500.000 dollars. 

Quant à la mère d’Eduardo, Aurea Garcia, elle affirme à CNN qu’elle ne savait même pas que son fils avait quitté la Floride avec son père. Elle a tout appris du drame lorsque la police est venue frapper à sa porte la semaine dernière pour lui apprendre la mort de son enfant. En voyant la police arriver, elle a un instant espéré que les inspecteurs venaient l’interroger en vue de lui réattribuer la garde des enfants, qu’elle réclamait depuis 2015 vu que leur père était violent.

Dayana Melina-Flores et Luis Posso

Dayana Melina-Flores et Luis Posso © Monroe County Sheriff

À l’hôpital, un corps émacié, lacéré

“J’ai cru que mon fils avait enfin osé parler, que quelqu’un savait tout et que la police était là pour l’aider. Mais quand les policiers m’ont expliqué la raison de leur visite, je suis devenue folle. J’ai commencé à hurler, mon mari a dû me maintenir au sol”, relate-t-elle.

En plus d’apprendre qu’elle venait de perdre son fils, la mère a dû entendre que l’autopsie concluait qu’il s’agissait d’un homicide. Les légistes avaient établi qu’Eduardo était décédé de complications dues à la privation de nourriture, la malnutrition et à l’absence totale de prise en charge médicale. Les membres de l’hôpital ont relevé des contusions, des lacérations, des ulcères sur son corps gravement émacié. 

Enchaîné à la baignoire, sans nourriture

Durant les dernières semaines de sa pénible existence, Eduardo Posso avait été séquestré dans la salle de bain d’une chambre d’un motel de Kokoma, enchaîné au porte-serviettes de la baignoire et flanqué d’un collier électrique. La famille vivait dans ce motel de l’Indiana mais le père et sa compagne s’absentaient régulièrement et de manière prolongée pour distribuer des flyers publicitaires pour un cirque itinérant.

Lors de son audition, Dayana Medina Flores a expliqué qu’ils avaient décidé de quitter la Floride parce que les services de protection de l’enfance de l’État les harcelait. La belle-mère a affirmé aux enquêteurs qu’Eduardo était simplement tombé malade et qu’il était trop faible pour se nourrir seul. Peu après, ses propos étaient devenus incohérents, avait-elle remarqué sans pour autant consulter un médecin. Le lendemain, il était apparu froid au toucher suite à quoi son père l’a emmené au Bloomington Hospital. Mais l’enfant déjà inconscient à son arrivée n’a pas pu être sauvé: il a été déclaré mort peu après.

Captif ignoré par la fratrie

Trois autres enfants – une fillette de 9 ans, un garçon de 5 ans et un garçonnet de deux ans – ont été mis sous tutelle de la protection de l’enfance et placés en institution. Leur hospitalisation n’a pas semblé nécessaire car ils étaient tous en bonne santé. Ils étaient tous nourris normalement.

L’enquête sur le couple a rapidement révélé des faits terribles. Dans le téléphone portable de la belle-mère, la police a retrouvé une vidéo où Eduardo est enchaîné à la baignoire. Sur d’autres images, on voit Dayana Medina-Flores pénétrer dans la pièce en compagnie d’un autre enfant, tous deux ignorant le malheureux Eduardo, captif.

SMS effrayants

Suite à la mort suspecte de l’enfant, une perquisition a été menée dans le motel. Là, les policiers ont découvert des chaînes, des cordes, des menottes , un collier électrique pour chien et des cadenas cachés sous les matelas. Sur le téléphone du père, un message qui disait: “Eduardo avait presque réussi à se délivrer de ses chaînes”. Parmi les photos de Luis Posso, un selfie où apparaissait également son fils entravé.

Toujours selon le rapport à charge, Dayana Medina-Flores, qui démentait initialement avoir été témoin des maltraitances, a finalement reconnu que son mari Luis Posso battait bel et bien Eduardo avec sa ceinture, ses chaussures et avec les poings et qu’il avait ligoté et attaché son fils avec des cordes et des chaînes à plus de dix reprises. 

Chocs électriques

Le père utilisait un collier de chien électrique pour empêcher l’enfant de 12 ans de bouger et de crier, a avoué la belle-mère. Le couple n’emmenait pas Eduardo pour distribuer des flyers mais le laissait confiné dans la salle de bain et le filmaient en permanence.

Luis Posso a quant à lui reconnu les propos de sa femme l’accusant d’avoir violenté son fils mais a démenti l’avoir privé de nourriture et n’a pas pu justifier les nombreuses autres blessures de son enfant.

“Il disait qu’il maigrissait parce que le repas était des céréales”

Aurea Garcia, la mère, savait que son mari pouvait avoir la main lourde sur leurs enfants, et c’est en partie pour cela qu’ils s’étaient séparés. Mais elle ne le pensait pas capable de commettre ce dont il est accusé aujourd’hui. “Cela ne m’a jamais traversé l’esprit qu’il puisse commettre un acte aussi horrible. Comment pouvez-vous faire une chose pareille à votre enfant? Personne ne fait cela, affamer son enfant jusqu’à ce que mort s’ensuive, l’enchaîner, le battre. Comment imaginer que quelqu’un fasse cela, et encore moins contre sa chair et son sang?”. 

Selon elle, Eduardo était un enfant doux qui prenait soin de sa petite soeur de 9 ans. La dernière fois qu’elle a vu son fils remonte à la fête de Thanksgiving 2017. “Cette semaine-là, mon fils avait très peu voulu parler… il avait peur de discuter”. Aurea Garcia confirme que son fils était maigre, mais il avait répondu que c’était parce qu’il se contentait trop souvent de céréales pour le souper après l’école. 

Garde accordée par défaut

Aurea Garcia avait quitté Eduardo Posso en 2015 et ils avaient divorcé en 2016. La séparation ne s’était pas faite en bons termes et pour se venger, Eduardo Posso avait pris les enfants et ne les avait jamais ramenés chez sa mère. Cette dernière avait selon ses dires simplement manqué une audience et cette abence avait profité au père, à qui le juge avait attribué la garde exclusive des deux enfants. Aurea Garcia pensait que son ex et les enfants vivaient toujours dans le même État, là où le divorce avait été prononcé et parce qu’elle était toujours tenue de payer une pension alimentaire à une adresse en Floride. En réalité, la famille recomposée avait regagné l’État d’Indiana et Eduardo ne fréquentait plus l’école.

Aujourd’hui, la mère éplorée souhaite que la mort de son fils éveille les consciences et encourage les gens à dénoncer les violences sur mineurs d’âge: “Si vous voyez un enfant, peu importe où, peu importe si vous ne le connaissez pas, qui se fait maltraiter, n’ayez pas peur d’agir, vous pourriez le sauver de celui qui lui fait du mal”.

Source : 7SUR7.BE

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