Deux policiers condamnés pour avoir giflé un chauffard ayant tué une fillette de 5 ans -

Deux policiers condamnés pour avoir giflé un chauffard ayant tué une fillette de 5 ans

Le prévenu avait renversé la petite fille à Aubervilliers en 2020. Condamné à deux ans de prison ferme, il a été libéré au bout de 13 mois.

Le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a condamné jeudi 2 septembre deux policiers à quatre et six mois de prison avec sursis. Ils ont été déclarés coupables d’avoir violenté un jeune homme alors en garde à vue à Aubervilliers, selon Actu Seine-Saint-Denis. Le jeune homme de 19 ans, giflé par les deux agents de 32 et 29 ans, est un chauffard ayant percuté et tué une fillette de 5 ans en juillet 2020. Il avait pris la fuite. Fin août, l’intéressé a été condamné à deux ans de prison ferme et deux ans avec sursis par le même tribunal (correctionnel) de Bobigny. Ayant effectué 13 mois de détention préventive, il a été remis en liberté immédiatement après le jugement.

Que s’est-il passé? Le 23 juillet 2020, le jeune homme, qui n’avait pas le permis, finit par se rendre au commissariat, deux jours après avoir renversé mortellement la fillette en roulant à tombeau ouvert dans les rues d’une cité d’Aubervilliers. Il sait être recherché pour homicide et avoue son identité aux policiers qui l’accueillent. Il est alors emmené pour une fouille préalable à un placement en garde à vue. Selon Actu Seine-Saint-Denis, des insultes à son endroit sont alors proférées, et une claque retentit, le garçon finissant au sol.

La commissaire aurait incité ce dernier à déposer plainte, peut-être par peur de la médiatisation du dossier. De leur côté, les policiers disent avoir perdu leur sang-froid, face à un homme à l’attitude «désinvolte» à son arrivée dans les locaux. «On n’aurait jamais dû rentrer dans cette salle », regrettent les deux agents. «J’étais en pleine instance de divorce et en bataille pour la garde de ma fille », évoque le premier. «Je ne voulais pas laisser mon collègue faire la fouille seul. J’ai surinterprété les gestes du mis en cause et j’ai commis une faute», détaille son équipier, qui a lancé la claque.

«La seule personne qui s’est comportée convenablement dans cette affaire c’est la victime qui ne voulait pas parler des abus qu’il avait subis lors de son audience », aurait commenté le magistrat du tribunal de Bobigny qui jugeait du dossier. Pour ce geste, les policiers ont été condamnés respectivement à quatre et six mois de prison avec sursis, sans interdiction professionnelle.

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