D'après la presse étrangère, la violence policière s'intensifie pour étouffer les manifestations des gilets jaunes -

D’après la presse étrangère, la violence policière s’intensifie pour étouffer les manifestations des gilets jaunes

La violence policière est fréquente le samedi. Les blessés ne sont pas des hooligans, mais des manifestants.

C’est ce qu’a déclaré David Dufresne, journaliste indépendant en colère contre l’usage excessif de la force par la police française depuis le début du mouvement des gilets jaunes. M. Dufresne a dressé le bilan des victimes blessées de la violence policière et décrit sa motivation :

Je me suis impliqué, tout au début du mois de décembre, quand j’ai vu ces images horribles de mutilés circuler sur les médias sociaux. Et je veux dire mutilé : J’ai compté 23 personnes qui ont perdu un œil, 5 qui ont perdu une main.

Pour dénoncer la violence, David Dufresne a créé un site Internet, en partenariat avec Mediapart, un journal indépendant. Ironiquement nommé « Hello Home Office, Justice Department » (référence à une expression de Twitter pour signaler un contenu illégal ou offensant à la police), sa plateforme détaille les pertes depuis le début du mouvement de la veste jaune.

Le site détaille les blessures signalées par catégorie. Sur les 550 rapports répertoriés, plus de 222 concernent des traumatismes crâniens, dont au moins 20 des cas de perte d’yeux et cinq des cas de perte de bras. Parmi les victimes, 419 étaient des manifestants, 57 des journalistes, 37 des mineurs, 19 des passants et 18 du personnel médical.

Sur Twitter, Dufresne partage des photos de blessures envoyées par les victimes. Parfois extrêmes, les images montrent des blessures graves subies par des agents des forces de l’ordre lors de manifestations.
Violence policière : Nous avons maintenant au moins 260 rapports de @davduf. CheckNewsfr calcule 93 blessés graves, dont 13 ont perdu un œil. Un Gilet Jaune serait dans le coma. De nombreux journalistes ont également été blessés. Une chose reste constante : le silence du gouvernement.

https://twitter.com/davidperrotin/status/1084888913922134023/photo/1

La violence et la répression soulèvent des questions. Pourquoi tant de manifestants perdent-ils un œil ou une main dans ces manifestations ?
Une arme controversée

Les forces de l’ordre françaises ont utilisé une arme particulière appelée  » lanceur de balle de défense  » (LBD). Fabriqué en Suisse, conçu à l’origine pour éviter de tuer ou de blesser gravement une cible, ce lance projectile est controversé. Les détracteurs disent que cette arme est totalement dangereuse.

Entre 2004 et 2013, une trentaine de blessés graves ont été attribués aux LBD – le même nombre depuis le début du mouvement des gilets jaunes en novembre 2018.

En janvier, les médecins ont lancé une pétition pour interdire l’utilisation des LBD. Laurent Thines, neurochirurgien et clinicien en chef à l’hôpital universitaire de Besançon :
Un projectile de type LBD40, par exemple, lancé à plus de 90 mètres/seconde (324 km/h) a une force d’impact de 200 joules[taux d’avortement énergétique] : c’est comme avoir un bloc de béton de 20 kilogrammes projeté sur le visage ou la tête à un mètre de hauteur !

En principe, le LBD ne devrait être utilisé que dans la zone du « torse, des membres supérieurs ou inférieurs », selon Eric Morvan, directeur général de la police nationale.

Malheureusement, la précision est le fruit du hasard, infligeant de nombreuses blessures.

dit Thines :

Amputation d’un membre, défigurement à vie, traumatisme facial ou dentaire, lacération ou perte oculaire, fracture du crâne, hémorragie cérébrale, entraînant un pronostic de survie douteux et des dommages neurologiques – toutes ces mutilations rappelant les visages détruits des victimes des bombardements de la Première Guerre mondiale… Tant de vies ont ainsi été sacrifiées ?

La police française a également utilisé des grenades à balles piquantes pour faire respecter l’ordre. Chargés de trinitrotoluène explosif (TNT), leur détonation propulse des fragments métalliques avec un effet de souffle qui peut blesser et rendre sourd.

La France est l’un des derniers pays d’Europe à employer la LBD, avec la Pologne, la Hongrie, la Turquie et la Grèce.

 

Les protestations pour les gilets jaunes ont débuté en France en réaction à l’augmentation des taxes sur les carburants, mais se sont rapidement transformées en protestations hebdomadaires. Tous les samedis, les manifestants descendent dans la rue pour faire campagne en faveur de nouvelles politiques fiscales, d’un pouvoir d’achat accru, d’un référendum citoyen et de la démission du président Emmanuel Macron.
Depuis novembre, les manifestations ont provoqué de nombreux dégâts matériels dans plusieurs villes. Dix personnes ont perdu la vie « indirectement » dans des accidents de la route liés aux manifestations. A Marseille, une femme est morte après avoir été frappée par une grenade explosée.

Bien que le ministère de l’Intérieur reconnaisse 2 200 blessés, dont dix avec des « lésions oculaires irréparables », le gouvernement poursuit sa stratégie de maintien de l’ordre. Interrogé par des journalistes lors d’une visite en janvier 2019 dans l’Aude, dans le sud-ouest de la France, sur les violences policières, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a affirmé qu' »aucun officier ou agent » n’avait « attaqué un Gilet Jaunes ».

En février, Castaner est revenu sur cet argument, justifiant le recours à la force, affirmant que des hooligans ont régulièrement infiltré les rangs des manifestants. La réaction agressive des forces de l’ordre, selon le ministre, était une réaction à cette violence :

L’ONU demande une enquête

Depuis le mois de novembre, date du début du mouvement, 243 plaintes ont été déposées auprès de l’Inspection générale de la Police nationale, dont la mission est de veiller à ce que la police suive les bonnes procédures.

Au total, 174 enquêtes sont en cours, selon Castaner, le ministre de l’Intérieur. Ces enquêtes permettront d’établir si les agents ont eu recours à la force  » proportionnelle « . « Les abus seront punis, a annoncé le ministre.

Le défenseur des droits de l’homme Jacques Toubon, médiateur officiel des droits de l’homme en France, s’est déclaré préoccupé dans son rapport annuel par « l’utilisation courante des lance-balles en caoutchouc » et a appelé à leur interdiction ainsi qu’à celle des grenades explosives.

Michelle Bachelet, de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a également appelé à une « enquête approfondie » sur les cas de violence policière en France.

Dans un débat organisé le 7 mars, Macron a rejeté le terme « violence policière », déclarant :

Ne parlez pas de « répression » ou de « violence policière » – ces mots sont inacceptables dans un État de droit.

Dans la ville de Nice, lors de l' »Acte 19″ des gilets jaunes, qui représente le 19e week-end consécutif de protestation des gilets jaunes, un manifestant de 73 ans a été blessé à la tête lors d’une chute.

Avant la fin de l’enquête, Macron a assuré au journal Nice-Matin que le manifestant n’avait pas été « en contact avec les forces de l’ordre ».

Dix jours plus tard, cette version a été réfutée par le juge d’instruction de Nice, qui a jugé qu’un policier individuel avait en fait été la cause de la chute du vieillard.

Traduit par Dr.Mo7oG

Source : ACTIVISTPOST

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