COVID-19 : Un nouveau variant Lambda progresse rapidement en Amérique du Sud -

COVID-19 : Un nouveau variant Lambda progresse rapidement en Amérique du Sud

Les mutations portées par ce variant lui permettent de contourner le système immunitaire. Les chercheurs tentent de savoir s’il est plus dangereux ou contagieux que le variant Delta.

Alors qu’il a très peu fait parler de lui au cours des neuf derniers mois, le variant Lambda du coronavirus est désormais responsable de la quasi-totalité des nouveaux cas de COVID-19 au Pérou.

Également désigné C.37, le variant Lambda a été détecté pour la première fois au Pérou en août 2020. Il s’est depuis propagé à 29 pays, principalement situés en Amérique latine. Depuis le 20 janvier 2021, 668 personnes ont été infectées par le variant Lambda aux États-Unis. Au Pérou, il est désormais responsable de plus de 90 % des nouveaux cas de COVID-19 ; une très forte augmentation par rapport au mois de décembre, où il représentait moins de 0,5 % des cas. Le pays a déjà payé le plus lourd tribut au monde dû à la COVID-19, la maladie ayant causé la mort de 0,54 % de la population.

Lors d’une conférence de presse, le ministre péruvien de la Santé, Óscar Ugarte, a indiqué que le variant Lambda avait sans doute causé le grand nombre d’infections lors de la seconde vague qui a frappé le pays entre fin mars et avril. Au Chili, pays voisin qui utilise comme vaccin principal le CoronaVac chinois, le variant Lambda représente 31 % des cas séquencés au cours des 60 derniers jours. Le nombre de cas reste élevé alors que 58,6 % de la population chilienne est complètement vaccinée et que 10 % supplémentaires ont déjà reçu une première dose. La faible efficacité du vaccin explique en partie cette situation ; selon une étude de l’université du Chili, l’efficacité d’une seule dose du vaccin CoronaVac s’élève à seulement 3 %, mais passe à 56,5 % après la deuxième injection.

« Les taux d’infection si élevés au Chili laissent perplexe et sont probablement dus à plusieurs facteurs. En raison de la couverture vaccinale élevée dans le pays, les restrictions ont été assouplies un peu trop tôt et cela pourrait expliquer la hausse des cas », explique Pablo Tsukayama, microbiologiste à l’université Peruana Cayetano Heredia de Lima, au Pérou. Le scientifique a été le premier à détecter le variant Lambda alors qu’il procédait au séquençage quotidien d’échantillons déposés entre janvier et mars 2021. « Il se peut aussi que les principaux variants qui circulent, à savoir Gamma et Lambda, présentent des caractéristiques leur permettant d’échapper au système immunitaire, ce qui se traduit par une baisse de l’efficacité des vaccins », ajoute-t-il.

Dans l’éventualité où le variant Lambda pourrait contourner le système immunitaire, l’Organisation mondiale de la Santé l’a jugé comme variant à suivre (VOI) le 14 juin dernier. L’OMS classe un virus comme VOI lorsqu’il présente des modifications génétiques suffisamment importantes pour affecter sa transmissibilité, la gravité de la maladie, l’échappement immunitaire, la capacité d’échapper au diagnostic ou au traitement ; et s’il cause une transmission communautaire rapide.

Alors que seuls 8 % de la population mondiale vit en Amérique latine, la région représente plus de 20 % des cas de coronavirus au monde et 32 % des décès liés à la COVID-19. Elle enregistre aussi plus de la moitié des décès au niveau mondial. Au Honduras et au Guatemala notamment, ce chiffre est inférieur à 1 %.

« Nous risquons d’être confrontés à une autre situation critique dans les prochaines semaines en Amérique latine », confie Alfonso Rodriguez-Morales, épidémiologiste et vice-président de l’Association colombienne des maladies infectieuses. En cause : les programmes de vaccination de certains pays qui n’ont pas encore permis de vacciner complètement plus de 5 à 10 % de la population. « Il y a urgence », ajoute l’épidémiologiste.

POURQUOI LES VARIANTS SONT-ILS SI DIFFICILES À DÉTECTER ?

Si le variant Lambda est passé inaperçu pendant de nombreux mois, c’est parce qu’il était souvent confondu avec le variant Gamma. Également connu sous le nom de P.1, celui-ci a été observé pour la première fois au Brésil.

Disposant de ressources limitées, l’Institut péruvien de la santé utilise une méthode de détection rapide et abordable, basée sur les modifications portées au niveau du gène ORF1ab du virus. Problème : celle-ci ne permet pas de distinguer le variant Lambda des variants Beta et Gammagenetic. La détection de ce dernier nécessite le recours au séquençage génétique, un processus coûteux et chronophage.

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