Coronavirus: alors que les appels à la prudence se multiplient, un infectiologue français suggère de «laisser les jeunes se contaminer entre eux» -

Coronavirus: alors que les appels à la prudence se multiplient, un infectiologue français suggère de «laisser les jeunes se contaminer entre eux»

« Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais je pense de plus en plus qu’il faut les laisser se contaminer entre eux, à condition qu’ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents », a notamment déclaré le médecin dans une interview pour le Parisien.

Coronavirus: alors que les appels à la prudence se multiplient, un infectiologue français suggère de «laisser les jeunes se contaminer entre eux»

AFP

Alors que les appels à la prudence concernant les jeunes adultes et le coronavirus se multiplient, une voix dissonante et contestée se fait entendre, en France, comme l’indiquent nos confrères de l’Est-Éclair.

Les autorités sanitaires françaises mettaient en garde dans le bilan quotidien du mercredi 29 juillet : les jeunes adultes sont de plus en plus testés positifs au Covid-19.

Face à ce problème, le respect des gestes barrières est préconisé pour éviter une seconde vague d’épidémie dans le pays. Pourtant, dans une interview pour nos confrères du Parisien, samedi, le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, a tenu un tout autre discours.

« Ils participeront à l’immunité collective »

« Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais je pense de plus en plus qu’il faut les laisser se contaminer entre eux, à condition qu’ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents », a-t-il déclaré au Parisien.

« Sinon, les jeunes seront un réservoir de contamination et on se retrouvera avec une épidémie ingérable. Ne les stigmatisons pas, disons-leur de respecter les anciens. En les laissant se contaminer, ils participeront à l’immunité collective et elle sera plus importante à la rentrée, dans les écoles et les universités, même si cela aura des conséquences. »

« Il faut prendre le risque que certains déclarent des formes graves de la maladie », juge encore le Professeur pour le Parisien.

« C’est une idée catastrophique »

Éric Caumes juge également les mesures mises en place en France et en Europe non adaptées.« On se disperse beaucoup trop. Aujourd’hui, on peut se faire dépister sans ordonnance. Résultat, des gens bien portants encombrent les labos au détriment des malades et des cas contacts, qui attendent parfois 48 heures. Or, ils devraient être prioritaires ! »

Il défend ainsi, comme l’explique l’Est-Éclair, l’interdiction des rassemblements en intérieur et la quarantaine obligatoire pour les voyageurs de retour des pays jugés à risques. « Si ça continue, on va droit dans le mur », déclare-il. « Le problème, c’est que l’on court toujours après l’épidémie au lieu d’anticiper. Ce virus est visiblement trop intelligent pour les Européens, à l’exception des Allemands. »

Sa position sur la contamination des jeunes adultes ne fait cependant pas consensus au sein de la communauté médicale.« Ces gens peuvent contaminer des personnes à risque et c’est ce qui nous fait extrêmement peur », estime de son côté l’infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière Robert Sebbag pour BFMTV.

L’épidémiologiste Catherine Hill explique pour LCI quant à elle les raisons de son opposition : « Les jeunes ne rencontrent pas que des jeunes. Donc s’ils sont contaminés, ils vont contaminer des gens plus âgés. Ils travaillent, ils vont contaminer dans le monde du travail. Ils vont acheter des choses, ils vont contaminer des gens dans les magasins, ils vont aller dans les bars et le barman n’est pas forcément jeune. Donc vraiment, c’est une idée catastrophique y compris pour ce qui est de l’immunité collective, car pour atteindre celle-ci, il faut que les deux tiers de la population soient contaminés ».

Source : SUDINFO

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