Aurélie, 33 ans, battue à mort par son compagnon: elle a été retrouvée dénudée et couverte d’ecchymoses, «elle avait peur» -

Aurélie, 33 ans, battue à mort par son compagnon: elle a été retrouvée dénudée et couverte d’ecchymoses, «elle avait peur»

Selon le collectif « Féminicides par compagnons ou ex », 49 féminicides ont déjà été recensés en 2021. Aurélie est la dernière d’entre elles…

Aurélie, 33 ans, battue à mort par son compagnon: elle a été retrouvée dénudée et couverte d’ecchymoses, «elle avait peur»

Peu avant 05h00 lundi à Douai, dans le Nord de la France, Aurélie L., 33 ans, a été retrouvée dénudée et couverte d’ecchymoses au domicile de Karim B.A., où elle était « régulièrement hébergée ». Son décès a été constaté par les secours, alertés par un passant appelé à l’aide par le mis en cause, selon le parquet de Douai.

Au vu de « nombreuses traces de sang » dans l’appartement, et sur lui, son « concubin » est placé en garde à vue. Mardi soir, il a été mis en examen pour « homicide sur conjoint » et placé en détention provisoire, a annoncé mercredi le procureur, Frédéric Teillet, lors d’une conférence de presse.

D’après le légiste, le corps de la victime présentait notamment « un traumatisme crânien sévère avec probable usage d’une arme contondante ». Selon proches et voisins, le couple entretenait des « relations instables », « dépendants l’un et l’autre de l’alcool ». Au moment du drame, le mis en cause portait un bracelet électronique, en peine aménagée après une condamnation en 2019 pour récidive de vol aggravé.

Le suspect a « contesté avoir commis toute violence », affirmant que « sous l’effet de l’alcool » sa compagne était « entrée en crise de violence contre elle-même (…) se tapant la tête et l’ensemble du corps sur tout support », selon lui « pour se blesser et rejoindre son père décédé ».

Le soir du drame, des policiers étaient intervenus vers 18H30 au domicile pour « un différend de voisinage ». Présente « parmi les témoins » et visiblement alcoolisée, la jeune femme arborait un hématome à l’oeil, mais auprès des agents, avait « contesté avoir été victime de violences » et « refusé toute assistance », a retracé M. Teillet.

12 condamnations

Avec 12 condamnations, entre 2004 et 2019 notamment pour « vols, outrages, dégradations, menaces et violences », son compagnon avait été poursuivi fin 2018, notamment pour des violences à son encontre. Il avait été relaxé, sa compagne étant revenue sur ses accusations. Elle avait ensuite déposé deux plaintes pour des « menaces de mort », la dernière le 5 mai.

L’homme n’était donc pas un inconnu des services de police, qui savaient qu’il était violent. Ce qui révolte la mère de la victime. Elle a témoigné auprès de BFM TV pour crier son désarroi : « Elle avait peur, elle nous le disait sans arrêt », a-t-elle expliqué

« Qu’est-ce qu’ils ont fait pour le surveiller ? »

La mère d’Aurélie dénonce par ailleurs une certaine « impunité » des violences conjugales : « Qu’est-ce qu’ils ont fait pour le surveiller ? Ils lui ont mis un bracelet électronique. […] Les féminicides ne sont pas assez punis. Il y en a trop. Cela doit cesser. »

Selon la mère de la victime, le suspect avait déjà attaqué sa fille au couteau : « Ces derniers temps, Aurélie me disait qu’il lui faisait peur, qu’il la harcelait ».

Près de 50 féminicides ont déjà été constatés en France cette année.

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