Attaque de la préfecture : l’assaillant converti à l’Islam depuis 2008 et habilité secret défense

C’est une sordide affaire aux rebondissements, hélas, multiples. D’après BFMTV, Mickaël H, auteur de l’attaque au couteau de la Préfecture de police de Paris ayant coûté la vie à quatre de ses collègues policiers, jeudi 3 octobre, se serait converti à l’Islam depuis 2008, soit onze ans.

Initialement, la presse – dont Valeurs Actuelles – avait fait état d’une conversion bien plus récente, remontant à 18 mois à l’occasion de son mariage. Si la thèse de la radicalisation n’est pas encore confirmée, cette révélation intérroge le mode de fonctionnement de la PP, d’autant plus que Mickaël H. était accrédité au secret défense. 

Le parquet national antiterroriste saisi

Pire,  l’assaillant aurait déjà fait l’objet d’un « signalement» après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, rapporte  Le Parisien ce vendredi 4 octobre. Selon des sources policières citées par BFMTV, plusieurs personnes auditionnées soutiennent qu’il aurait légitimé les attentats de 2015.  Le parquet national antiterroriste s’est ainsi saisi de l’enquête suite aux conclusions préliminaires menées par la Brigade criminelle. D’autant plus que Le Parisien nous apprend que l’individu fréquentait la mosquée de Gonesse où prêche l’imam Hassan El Houari. Dans une vidéo, diffusée sur son compte Youtube en mars dernier, il affirmait à propos de l’attaque terroriste qui décimé la rédaction de Charlie Hebdo, en janvier 2015 : « Je ne suis pas Charlie et je ne serai jamais Charlie. Je suis sympa avec les victimes. Je condamne le terrorisme, mais je ne serais jamais Charlie. »

L’enquête a été reprise sous les qualifications d’«assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La garde à vue de sa compagne a d’ailleurs été prolongée ce vendredi. Interrogée par les enquêteurs, sa femme a donné quelques informations qui pourraient faire avancer l’enquête, selon BFMTV. En effet, elle affirme que son mari a eu « une crise de démence » la nuit précédente. Elle assure aussi qu’il a « entendu des voix », qu’il était « incohérent » et qu’il s’était réveillé brutalement. D’après Le Parisien,  Mickaël H. aurait acheté son couteau le matin même de l’agression. Il aurait même adressé un SMS à sa femme, évoquant l’achat avant de passer à l’acte, rapporte une source policière : « Seul Dieu te jugera », avait écrit en guise de réponse sa compagne. 

L’apparence d’un geek

Quelques heures après la stupeur de l’agression au couteau à la préfecture de police de Paris, jeudi 3 octobre, qui a coûté la vie de quatre policiers, le profil de l’agresseur se fait peu à peu plus précis. Agé de 45 ans, Mickaël H. était originaire de la Martinique, selon nos informations d’une source policière. Né à Fort-de-France, il résidait depuis plusieurs années à Gonesse (Val-d’Oise) où une perquisition de plus six heures a été effectuée dans l’après-midi suivant les faits. Il a été abattu dans la cour de la préfecture de police de Paris dont il était salarié depuis 20 ans.

Mais en apparence, Mickaël H. semble avoir été un employé sans histoire dont la seule particularité était le fait qu’il soit sourd : « Il était très fermé, comme un geek peut l’être. Il fallait se placer devant lui et articuler pour qu’il comprenne. En revanche, il s’exprimait comme vous et moi », confie un de ses collègues auprès du Parisien. Lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait confirmé l’état d’un homme qui n’avait « jamais présenté de difficultés comportementales » ni « le moindre signe d’alerte ». « Tout le monde est surpris. C’est un homme sans histoire, il ne s’est jamais montré violent. », admet une fonctionnaire de la PP auprès du quotidien. Pour autant, l’homme fait figure de solitaire n’ayant « pas beaucoup d’amis ». 

Un petit frère policier

Présenté dans un premier temps par la presse comme un « agent administratif » travaillant au service informatique de la préfecture de police de Paris, il appartenait plus précisément au « service de renseignement, la Direction du renseignement de la préfecture de police, où tous les agents font l’objet d’une enquête approfondie avant leur intégration », remarque notre journaliste Louis de Raguenel, d’après une source policière. Sur le site de la préfecture, le témoignage de Mickaël – depuis supprimé – souligne un « parcours chaotique » en amont de rejoindre les rangs de la préfecture de police et d’y trouver une forme de stabilité. 

Côté famille, la femme de Mickaël H.  a été placée en garde à vue. Auprès du Parisien, un voisin décrit un « couple très sympa. Lui allait le soir à la mosquée, mais disait bonjour aux hommes et aux femmes sans distinction », a-t-il relaté tout en soulignant l’absence de signes religieux apparents.  Cruelle ironie : Mickaël aurait un petit frère policier, d’après nos informations. Si les sources policières tendent à privilégier la piste d’un conflit interne, Mickaël H. « n’a pas tué sa responsable hiérarchique », remarque Louis de Raguenel.

Un agent administratif souffrant d’un léger handicap

L’homme de 45 ans était employé à la PP depuis 1993, selon Loïc Travers, du syndicat Alliance. L’assaillant était agent administratif de catégorie C, plus précisément informaticien au sein du département technique de la Direction du renseignement de la préfecture. Celui-ci était porteur d’un léger handicap de surdité, tout comme son épouse.

Cet individu, explique ce syndicaliste, était un fonctionnaire modèle, très apprécié de ses collègues. Selon nos informations, il était déjà monté en grade puisqu’il avait été affecté en 2003 au service très sensible du renseignement de la préfecture de police de Paris.

« Son travail consistait à travailler sur les systèmes d’information, il y avait donc là une habilitation ‘secret défense’, la plus haute au sein de la police », explique Driss Aït Youssef, président de l’institut Léonard de Vinci, spécialiste des questions de sécurité. Cette habilitation, selon lui, devait « théoriquement montrer que cet individu ne présentait pas de problèmes de moralité incompatibles avec des fonctions de traitement d’informations sensibles ».

Source : VA

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