9000 décès à domicile: «Il existe une mortalité cachée du coronavirus» -

9000 décès à domicile: «Il existe une mortalité cachée du coronavirus»

En France, depuis le 1er mars, le nombre de décès dus au coronavirus ne serait pas d’un peu plus de 22 000. Mais de plus de 31 000, selon un syndicat de médecins généralistes.

Au moment du déconfinement, quel sera le rôle des médecins généralistes pour éviter un redémarrage de l’épidémie ? Ils devront être en première ligne, estime Jacques Battistoni, médecin normand et président du principal syndicat de médecins généralistes, MG France. Ce dernier a par ailleurs estimé le nombre de décès liés au Covid-19, en ville : autant qu’en Ehpad ou à l’hôpital.

Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes, MG France. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Selon la deuxième étude de MG France, 9 000 personnes seraient mortes en ville du Covid-19, depuis le 17 mars. C’est beaucoup, non ?

Ce nombre ne nous surprend pas. C’est moins qu’à l’hôpital (14 000 depuis le 1er mars), mais autant environ que dans les établissements médico-sociaux tels que les Ehpad (8 500). Cela montre que, pour l’instant, il existe une mortalité cachée du coronavirus. Cette estimation devra toutefois être confirmée en la comparant au surcroît de mortalité qui avait été déclarée, à la même période en 2019.

Ces dernières semaines, nous avons effectivement vu 40 % de patients en moins. Malgré cela, depuis le 17 mars, nous avons reçu 1,8 million de personnes pour le Covid-19. Je rappelle que le nombre de personnes hospitalisées depuis le 1er mars est d’environ 100 000 personnes. La très grande majorité des personnes atteintes par le virus est donc prise en charge par les médecins de ville.

Au moment du déconfinement, quel va être votre rôle ?

Nous devons être en première ligne pour diagnostiquer la maladie. Ce qui signifie que nous devons pouvoir prescrire un test PCR à un patient. Or, actuellement, la stratégie nationale vise essentiellement à dépister les personnels soignants et les personnes des Ehpad. Le médecin généraliste peut également lancer l’enquête pour savoir avec quelles personnes le patient atteint a été en contact. Puis, passer le relais ensuite au service compétent.

Vous pensez que ce ne sera pas le cas ?

On nous promet des tests, mais on ne voit pas grand-chose. C’est comme pour les masques. On réclame au ministère de la Santé des masques qu’on puisse donner aux patients. Mais on n’a pas de réponse.

Source : OUESTFRANCE

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